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Youssou Ndour : La France devrait demander à Wade de partir
lundi 19 mars 2012
Le célèbre chanteur et homme politique sénégalais s’exprime sur l’attitude de la France à l’égard de l’élection présidentielle au Sénégal.
SlateAfrique - La France devait-elle faire pression sur le président Wade pour qu’il accepte de quitter le pouvoir en cas de défaite électorale lors du deuxième tour de la présidentielle sénégalaise organisé le 25 mars ?
Youssou Ndour - La France est un pays souverain tout comme le Sénégal. Elle se trouve aux Nations Unies au niveau du Sénégal. Elle doit regarder la Sénégal avec respect, mais la France ne peut pas accepter que le Sénégal soit représenté par un président qui n’a pas le droit de représenter ce pays [Youssou Ndour, tout comme l’ensemble de l’opposition, conteste le droit du président Wade de se représenter à la présidentielle de 2012. Selon l’opposition, cette candidature n’est pas conforme à la Constitution qui prévoit que le président ne peut effectuer plus de deux mandats].
Je trouve que la France a été timide et je dis à la France qu’il n’est pas trop tard pour demander à Abdoulaye Wade de partir (Le président sénégalais est au pouvoir depuis mars 2000). De toute façon, il va partir par les urnes. Maintenant qu’il ne fasse pas des histoires parce que dans ce cas là, la France aurait une grande responsabilité parce que elle n’a pas franchement joué son rôle.
Slate Afrique - Donc la France devra demander au président Abdoulaye Wade de ne pas s’accrocher au pouvoir et de respecter le verdict des urnes ?
Youssou Ndour - Bien sûr et ça c’est clair. Elle doit aussi s’assurer que l’élection présidentielle sénégalaise se passe normalement. Dans le respect de la démocratie.
SlateAfrique - Et votre carrière de musicien et de chanteur ? Vous y avez mis un terme ?
Youssou Ndour - Mon métier est entre parenthèses dans la mesure où le processus électoral est plus important pour mon pays aujourd’hui. Mais finissons ça et après, je ferai le point et on verra.
SlateAfrique - Mais si Macky Sall est élu président du Sénégal le 25 mars 2012 et s’il vous propose un poste de ministre, par exemple. Vous pourriez être intéressé ?
Youssou Ndour - Pour l’instant, je n’y pense même pas. Je ne pense pas à ces choses là. Ce qui me préoccupe, c’est que le calendrier électoral soit respecté, qu’on élise une personne qui va assumer toute la responsabilité de l’Etat, qui va rendre compte devant le peuple et c’est elle qui va décider. A cet instant et seulement à cet instant, nous ferons le point, et à cet instant ma décision sera connue par tout le monde.
Mais encore une fois, ce qui m’intéresse et qui me préoccupe c’est que le Sénégal soit sur la ligne droite. Je me considère aujourd’hui dans mon pays comme un des arbitres par rapport au fonctionnement démocratique. Je jouerai donc mon rôle jusqu’à la fin. En tout cas jusqu’à la fin du premier match. Après, je ferai le point.
Propos recueillis par Pierre Cherruau
Source : SlateAfrique