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Y a-t-il un Numéro 2 du régime ?
jeudi 8 mars 2012
Dans tous les régimes africains ou presque et même d’ailleurs, y compris dans les grandes démocraties, derrière la personne du Président se profile un autre personnage d’envergure politique ou militaire visible ou dans l’ombre mais généralement influent.
Dans les dictatures politico-militaires, cette image est plus manifeste. Le plus souvent quand un numéro 2 fait trop parler de lui, il devient gênant pour le chef et très souvent menaçant pour le régime. Les rapports entre les deux hommes peuvent, à la moindre incartade se détériorer surtout quand les immixtions dans les affaires de l’Etat se font trop se répéter.
Sans remonter à tous les régimes précédents, nous nous contentons d’une période plus proche. En Mauritanie sous le régime autocratique de Taya, Djibril Ould Abdallahi alias Gabriel Saint –père fut le deuxième homme fort du pouvoir avant d’être envoyé aux charbons par son supérieur.
Saint –père avait se rappelle-t-on attisé les tensions interethniques entre le Sénégal et la Mauritanie en organisant des exactions terribles et en ordonnant des déportations massives. Plus tard, Taya découvrit ses manèges pour la conquête de son fauteuil.
Depuis un autre numéro 2 ne pointa à l’horizon du palais brun. Mais au fil des temps, l’autorité de l’actuel homme fort du pays montait discrètement quand le commandement du basep lui sera confié. Ceux qui savaient faire des extrapolations plus ou moins nettes avaient pressenti que l’homme avait le vent en poupe et que la présidence de la République était à portée de main.
Le coup d’Etat mené par les cavaliers du changement allait révéler davantage la stature de cet homme qui a su tirer sa révérence pour s’imposer sans coup férir après le coup d’Etat blanc contre Taya puis contre Sidioca. Ainsi devait prendre fin cette courte parenthèse de numéro 2. Nous sommes depuis entrés dans l’ère de la « rectification de toutes les erreurs » et de l’interdiction constitutionalisée des coups d’Etat.
Plus donc question pour un général de rêver d’un changement anti-constitutionnel ont légiféré les parlementaires du pays. Au sommet, il y a un chef qui dispose d’une légitimité constitutionnelle et d’une autorité sur l’armée octroyée par la loi fondamentale et rehaussée par la carrière militaire. Qui dit mieux et tenter de se rapprocher du jardin sacré ? Mais le pouvoir a ses raisons et les ambitions des hommes sont imprévisibles.
Dans un modèle démocratique comme le nôtre les pouvoirs d’un PM ou de personnalités parlementaires n’ont pas trop de consistance pour faire ombrage à la volonté d’un président si bien qu’après le chef, rien ne bouge. Il faudrait voir du côté de l’armée un numéro 2 en la personne de l’actuel chef d’Etat-major élevé au rang de général de brigade qui se distingue dans le cercle des généraux.
Mais cette marque d’autorité encore modérée ne permet encore de faire émerger ce tandem au sommet des décisions. Au début du changement du système, nous avons constaté quelques figures tenter de se positionner sur la première colonne des « hommes d’influence ». A l’arrivée, seul un maître est resté à bord du navire …
Cheikh Tidiane Dia
Source : Le Rénovateur Quotidien