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Vous dites libertés ?

mardi 10 juillet 2012


Par Cheikh Tidiane Dia

La liberté n’est pas un vain mot.C’est un ensemble de valeurs, de principes et d’idées qui concourent à octroyer à l’homme des droits lui permettant de jouir d’une vie digne.Ainsi ce droit est consacré par la déclaration universelle des droits de l’homme en vertu de laquelle tous les hommes naissent libre égaux en droit et en devoir.

Il est évident que pour faire observer ces principes, il faut avoir des hommes à la hauteur capables de faire triompher la justice sur l’oppression, la démocratie sur l’anarchie, la loi sur la raison du plus fort.

Qu’en est-il chez nous au moment où partout dans le monde les nations s’adaptent aux exigences de la démocratie et du respect des libertés fondamentales ainsi qu’à l’aspiration des peuples à l’indépendance ? Les mauritaniens comme tous les peuples du monde ont envie de se mouvoir dans un espace où les libertés sont garanties, où la fondamentaux du droits respectés scrupuleusement. Mais entre la théorie et la pratique l’écart est encore grand.

Les institutions ont besoin d’hommes compétents capables de faire fonctionner les administrations publiques pour répondre aux besoins des usagers. Nous avons un appareil judiciaire qui peine à se débarrasser de ses lourdeurs à cause de la main du politique, des magistrats aux ordres et un exécutif qui s’ingère dans toutes les affaires. Il faut changer les hommes pour instaurer des institutions fortes et crédibles en mesure de faire fonctionner le pays. Ces hommes existent pourtant mais à cause de la politique on met en avant des considérations subjectives.

Les mauritaniens ont vécu pendant des décennies sous un ordre autocratique où le choix des hommes est tributaire de la politique, de la tribu et de l’influence des cercles de laudateurs. Toutes les grandes institutions de prestige sont confiées aux proches du sérail, pour leur proximité avec le pouvoir en place. L’appareil judiciaire est sur toute la ligne entre les mains de ces éternels applaudisseurs zélateurs qui confondent la politique et le travail de justice, les activités du parti avec les services publics. Cette mauvaise vision de l’administration a gangrené les institutions, banalisé les services publics et jeté du discrédit sur la moralité des hommes.

Aujourd’hui la Mauritanie est encore plus qu’ hier sous l’ère des anciennes pratiques. Elle a du mal à s’affranchir des vieilles habitudes héritées de l’ancien système. Libres, les mauritaniens le sont en apparences mais « ils sont partout dans les chaines ». La Mauritanie a plus que jamais besoin de sortir du cercle vicieux dans lequel elle se trouve. Elle est à la recherche de nouvelles valeurs, de nouveaux hommes qui ont le sens de l’équité, du respect de l’humaine condition et de l’ouverture vers une mondialisation porteuse de progrès et de libertés

Cheikh Tidiane Dia
Le Rénovateur Quotidien