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Vivement des états généraux sur l’unité nationale !

jeudi 1er décembre 2011


Par Cheikh Tidiane Dia — Le Rénovateur quotidien

C’est l’une des recommandations faites par le professeur Bilal Ould Hamza lors d’un forum consacré le samedi 26 novembre 2011 à la problématique de l’unité nationale, organisé par l’entreprise de communication SCPP-Conseils.L’idée est géniale, et même originale. Elle a été saluée par les participants à cette rencontre au cours de laquelle des propositions pertinentes dans le sens de la reconstruction d’une Nation débarrassée de toute considération « ethniciste ont été formulées ». En fait cette vision lancée par l’un des conférenciers du forum découlait d’un thème relatif à « quelles solutions à la question de l’unité nationale » ?

La démarche consiste à inviter les mauritaniens à engager un dialogue contradictoire mais franc destiné à déterminer les obstacles qui entravent l’unité nationale. Il s’agissait dans ce cadre de faire une analyse lucide des rapports intercommunautaires afin de relever des points de divergence mais aussi de convergence. En effet dans toute société multiethnique, les conflits naissent du fait des différences nourries par des préjugés. Mais en acceptant de se parler au lieu de se regarder en chiens de faïence, les complexes disparaissent et la confiance s’installe. Il a été constaté au cours de ce débat que les mauritaniens ont certes de choses qui les divisent. Mais il y a plus de choses qui les unissent surtout. Il faut positiver les différences et les rendre plus utiles à la cohabitation entre les mauritaniens. Dans nos cultures il existe des valeurs partagées. Dans nos langues notamment, il y a des interférences et des jeux d’influences qui puisent leurs sources de très loin.

Les voisinages entre les communautés blanches et les communautés noires datent bien avant la colonisation, avant la naissance des Etats. Les tribus maures et leurs voisins noirs entretenaient des liens forts, et développaient des échanges économiques et culturels riches. Dans le fouta, quand les moissons de mil commençaient, des « Ravga » (caravanes) de chameaux venaient s’approvisionner en céréales que les hôtes échangeaient contre du sel des dates et autres produits rares dans le sud. Sur le plan culturel, les disciples noirs étaient envoyés au pays de maures dans le « Rewo » (au Nord) pour apprendre le coran et la Chariaa islamique. Vouloir nier cette page de notre histoire au point de traiter en étrangers ceux qui ont vécu pendant des siècles dans ce pays frise de l’amnésie ou de l’ignorance de l’histoire de ce pays.

Vouloir aussi se focaliser sur la langue pour justifier les velléités de domination et d’imposition de la suprématie linguistique relève d’une attitude négationniste et absurde. Il est plus urgent donc de se focaliser sur une question aussi essentielle que celle de l’unité nationale plutôt que de verser dans des discours creux et de faux semblants qui nous détournent de nos vrais problèmes. C’est par l’unité nationale que se construit un pays. Mais pour que cette question trouve des solutions, l’Etat doit prendre ses responsabilités pour aborder cette problématique sans complexe, de manière objective et méthodique. Autrement la déchirure ne fera que s’accentuer.

Par Cheikh Tidiane Dia — Le Rénovateur quotidien