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Une cellule de crise en Espagne chargée du suivi de l’affaire des européens enlevés en Algérie

lundi 31 octobre 2011


Le gouvernement espagnol vient de mettre en place une cellule de crise chargée du suivi de l’affaire de l’enlèvement de deux de ses ressortissants dans les camps de Tindouf contrôlés par le Polisario dans le sud-ouest Algérien, rapporte dimanche le journal espagnol « El Pais ».

La cellule, présidée par la ministre des Affaires étrangères, Trinidad Jimenez, entamera ses premières réunions lundi, indique le journal qui cite des sources diplomatiques espagnoles.

Des représentants des ministères de l’Intérieur et de la Défense et du Centre national d’intelligence (CNI, services secrets) font partie de cette cellule qui se chargera également du suivi de l’enlèvement, récemment au Kenya, de deux autres ressortissants espagnols.

« Jamais l’Espagne n’a enregistré un tel nombre d’enlèvements de ses ressortissants », relève le journal, soulignant que le gouvernement socialiste de José Luis Rodriguez Zapatero, gère ces deux affaires d’une façon complètement différente de celle suivie pour régler la question de l’enlèvement des trois volontaires catalans en novembre 2009 dans le nord de la Mauritanie. A l’époque, Madrid avait mis en place deux comités intergouvernementaux de suivi, un politique et l’autre technique chargé de maintenir informées les familles des otages. Des communiqués étaient publiés à l’issue de chacune de leurs réunions. A l’heure actuelle, poursuit « El Pais », si la cellule de crise mise en place par l’Exécutif est présidée par la ministre des Affaires étrangères, c’est une fonctionnaire de ce département, à savoir la directrice de l’unité des urgences consulaires, qui se voit confiée la mission de maintenir le contact avec les familles des otages.

Pour l’exécutif socialiste, « un haut fonctionnaire et non pas un politique est la personne toute indiquée pour maintenir le dialogue avec les familles des victimes », pour conférer un caractère de permanence à ce poste dans l’éventualité d’un changement de gouvernement à l’issue des élections anticipées du 20 novembre prochain, expliquent des sources diplomatiques.

De plus, en décidant de ne pas élever le niveau de cette cellule de crise ni rendre public son travail, le gouvernement veut que les ravisseurs ne se bercent pas de l’idée que « leurs otages valent leur pesant d’or », affirme la publication espagnole.

Deux travailleurs humanitaires espagnols, Ainhoa Fernandez et Enric Gonyalons, ainsi qu’une italienne Rosella Urru, ont été enlevés, dimanche dernier, dans le camp dit de « Rabouni » qui abrite le quartier général du « Polisario ».

L’enlèvement attribué à Al-Qaëda au Maghreb Islamique (Aqmi) n’a toujours pas été revendiqué une semaine après. Selon « El Pais », « le CNI espagnol, ainsi que des sources informées dans la région du Sahel pensent que les trois humanitaires occidentaux ont été « vendus » à Mokhtar Belmokhtar, le chef de l’un des deux groupes d’Al-Qaëda opérant dans le Nord du Mali ».