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Une Suissesse enlevée dans le nord du Mali

lundi 16 avril 2012


Une ressortissante suisse a été enlevée, dimanche 15 avril, dans le nord du Mali, région contrôlée par des groupes armés, dont le mouvement islamiste Ançar Eddine, qui s’est dit prêt au dialogue avec les autorités maliennes pour trouver une issue à la grave crise dans cette partie du pays.

"Béatrice, une ressortissante suisse, a été enlevée ce dimanche à Tombouctou par des hommes armés", a déclaré un fonctionnaire au gouvernorat de Tombouctou. "J’ai vu six hommes armés embarquer Béatrice ce dimanche, ils ont crié ’Allah Akbar’ [’Dieu est grand’]", a confirmé un habitant. Cette femme âgée d’une quarantaine d’années est une chrétienne très impliquée dans les actions sociales, qui vivait depuis longtemps à Tombouctou, où elle était la dernière Occidentale encore présente. Elle avait refusé de quitter la ville après sa chute le 1er avril aux mains du mouvement islamiste Ançar Eddine, appuyé par des éléments d’Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) qui a des bases dans le Nord du Mali. L’organisation opère dans plusieurs pays du Sahel, y procédant régulièrement à des enlèvements.

21 OTAGES DANS LE SAHEL

Celui de la Suissesse porte à 21 le nombre d’otages enlevés au Sahel. Vingt sont retenus par AQMI et un groupe dissident, le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’ouest (Mujao) : treize Occidentaux - dont six Français - et sept Algériens. Le même jour, Ançar Eddine, qui impose son ascendant dans le Nord sur les rebelles touaregs et d’autres groupes, a fait une offre de dialogue au pouvoir central malien.

De leur côté, l’ex-junte et la classe politique maliennes, réunies à Ouagadougou autour du médiateur, le président burkinabé Blaise Compaoré, ont appelé à l’ouverture "sans délai" de pourparlers entre les autorités de transition et les groupes armés du Nord, dans le respect de "l’intégrité territoriale" du Mali. La situation dans la partie septentrionale du pays fait craindre notamment au président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, que le Mali ne devienne "un Afghanistan", comme il l’a dit dimanche.

Le Monde.fr avec AFP