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Un nouveau groupe terroriste revendique l’attentat kamikaze dans le sud algérien

dimanche 4 mars 2012


Le Mouvement unicité et jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), « dissident » de l’Aqmi, a revendiqué, hier dans un message à l’AFP au Mali, l’attentat contre le siège du groupement territorial de la Gendarmerie nationale, a rapporté, hier, l’agence de presse. « Nous vous informons que nous sommes à l’origine de l’explosion (...) ce matin à Tamanrasset dans le sud de l’Algérie », a indiqué le Mujao, moins de sept heures après l’acte criminel. Le Mujao est présenté comme « un nouveau groupe islamiste apparu en 2011 et qui prône le djihad (guerre sainte) en Afrique de l’Ouest, dans un court message écrit ». Le chef présumé du Mujao serait le Mauritanien Hamada Ould Mohamed Kheirou. L’organisation terroriste avait revendiqué le rapt de trois Occidentaux (deux Espagnols, un homme et une femme, ainsi qu’une Italienne), fin octobre 2011, dans un camp de réfugiés sahraouis près de Tindouf.

La Mauritanie avait lancé un mandat d’arrêt international contre le chef présumé du Mujao, Hamada Ould Mohamed, alias Abou Qumqum. Nouakchott a émis trois autres mandats contre, notamment, Mustapha Ould Limam Chafi, connu pour avoir négocié, pour l’ Aqmi, la libération d’Occidentaux, enlevés par l’organisation terroriste, en contrepartie de rançons, ajoute-t-on.

Un mutin qui veut se distinguer ?

Ce mouvement, présenté comme un mutin d’Aqmi, serait dirigé par deux Mauritaniens et est composé de rebelles touareg maliens et algériens. Il s’agit de Hamada Ould Mohamed Kheirou et Moustapha Ould Limam Chafi, le conseiller de plusieurs chefs d’Etat africains, qui a négocié la libération d’otages occidentaux d’Aqmi.
Ce mouvement, selon des sources sécuritaires, opère dans cette vaste zone difficile à surveiller et contrôler dont les bases sont situées au nord du Mali. Il est impliqué dans les attentats, enlèvements d’Occidentaux et trafics d’armes.

Les autorités maliennes accusent Moustapha Ould Chafi de financer le mouvement terroriste car il voudrait par le biais du Mujao marquer une distance avec Aqmi et se doter de ses propres instruments de déstabilisation. L’accusation est fondée sur le rôle qu’a joué l’homme dans la chute du président Ould Taya en août 2005. Il a mené, à partir de 2009, plusieurs médiations qui ont permis la libération d’otages occidentaux détenus par Aqmi.

Quant à Hamada Ould Kheirou, il était encore l’un des Mauritaniens les plus en vue dans l’organisation Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Il est né en 1970, à Nouakchott, et est célèbre par ses sorties médiatiques dans les enregistrements vidéo diffusés par l’organisation terroriste. Selon toujours nos sources sécuritaires,
il était détenu dans la prison civile de Nouakchott, d’où il s’est évadé en 2006. Il aurait ensuite rejoint les rangs d’Aqmi dans le Nord Mali, plus précisément la « qatiba » (bataillon) des « enturbannés » dirigée par l’Algérien Khaled Abou el Abbass, alias « Belaouar ». La région du Sahel regorge de groupes armés qui se sont formés ces dernières années à la faveur de la situation qui prévaut dans la région.

Mounir A. et Ilhem Tir

Source : Journal algérien Le Temps