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Terrorisme au Sahel : pauvreté et armes libyennes, inquiétudes des experts

vendredi 18 novembre 2011


Alger (AFP) — Des experts internationaux ont souligné jeudi que la pauvreté favorisait le terrorisme dans la région cruciale du Sahel et de nouveau souligné le risque que des extrémistes ne s’emparent d’armes libyennes.

Quelque 150 experts du Forum Global de la lutte contre le terrorisme (FGLT) sont réunis à huis clos à Alger depuis mercredi pour étudier les moyens d’aider les populations des pays les plus concernés, comme la Mauritanie, le Mali, le Niger et l’Algérie.

Selon des sources diplomatiques, des vues "convergentes" ont été notées durant ce Forum co-présidé par l’Algérie et le Canada, et qui a rassemblé une trentaine de pays, dont les Etats-Unis, la Turquie, la Russie, le Japon, la Libye, ainsi que l’Union Européenne.

Une inquiétude commune est l’activité d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) au Sahel.

Aqmi, qui compterait quelque 400 membres armés selon diverses sources, "profite de l’incapacité de l’Etat et occupe le terrain", a indiqué un expert européen sous couvert d’anonymat.

La "stratégie se doit d’être globale sur le terrain" et il est nécessaire d’y traiter "l’ensemble des problèmes et résoudre les conflits qui restent dans la région", a-t-il ajouté, sans citer la question du Sahara Occidental.

Il faut viser "le développement et la pauvreté", comme une première conférence des pays dit "du champ" l’avait souligné à Alger début septembre, a-t-il rappelé, notant que le Mauritanie (bien Mauritanie) et le Niger "s’y sont attelés".

Le Mali, l’un des pays les plus pauvres d’Afrique, a pour sa part pressé les participants de l’aider dans sa tâche expliquant qu’il était "desservi par la géographie" étant donné que sa région nord, très montagneuse et difficile d’accès, sert de refuge à Aqmi.

Le Maroc a pour sa part regretté qu’il y ait eu "fragmentation" avec la création du champ, dont il ne fait pas partie, selon d’autres sources.

La Libye a également occupé une bonne partie des discussions, après la chute il y a deux mois du régime de Kadhafi. Il a été notammnet question du devenir des Touareg, anciens alliés de l’ex-homme fort libyen revenus sur leurs terres armés, et des arsenaux d’armes sophistiquées non-protégés et livrés au pillage.