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Sénégal : Des terroristes présumés arrêtés le long de la frontière mauritanienne
mardi 17 juillet 2012
Les combattants d’AQMI tentent de tirer parti de l’instabilité régionale causée par le conflit malien pour développer l’étendue de leurs activités.
Les services de sécurité sénégalais ont récemment déjoué la première tentative rapportée d’infiltration de la part de membres présumés d’al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI).
Dix militants ont été arrêtés dans la journée du 5 juillet à Dana, une ville située à la frontière avec la Mauritanie. Cette opération survient moins d’un mois après les menaces proférées par al-Qaida de prendre pour cible le Sénégal, alors que le pays avait fait savoir qu’il pourrait envoyer une force militaire dans le nord du Mali.
Parmi les personnes appréhendées se trouvent sept Mauritaniens, dont des étudiants en arabe et études religieuses inscrits dans des facultés sénégalaises.
"Le groupe a été transféré vers la capitale, Dakar, par une unité des forces spéciales venue spécifiquement appuyer la sécurité dans la région lors de cette arrestation", a rapporté City Info le 6 juillet. Selon le quotidien du Sénégal, ces terroristes présumés avaient prévu d’entrer en Mauritanie.
De plus, les forces de sécurité ont placé en détention dix imams et étudiants soupçonnés de planifier des attentats terroristes dans la ville nord-orientale de Matam, a rapporté, le 6 juillet, le site sénégalais Xamle.net.
"Cet incident a semé la panique parmi les habitants de cette ville qui n’avaient jamais vécu d’évènement de cette sorte," raconte Belal Ould Sheikhna, un habitant de la municipalité, à Magharebia. "Les gens ici ont plutôt tendance à regarder les étudiants des écoles religieuses avec beaucoup de respect et de révérence".
Le Sénégal avait été dans l’ensemble épargné par les menaces terroristes au cours des dix dernières années, contrairement à ses voisins du nord. Selon Yacoub Ould Bahdah, rédacteur de l’édition sénégalaise du journal mauritanien al-Akhbar, cette relative quiétude a pu s’expliquer par la "présence de l’Islam soufi et de la faible implantation des Frères musulmans".
"De plus, le Sénégal n’a pas fait l’expérience de tensions politiques ou de régimes dictatoriaux qui mènent les jeunes à l’extrémisme et aux relations violentes", poursuit-il.
Le fait qu’al-Qaida s’infiltre au Sénégal montre que "le terrorisme n’a plus de visée cachée", selon le journaliste.
"On peut dire que le Sénégal a toujours évité l’option de la confrontation avec les groupes terroristes", conclut-il. "Son rôle s’est restreint à contrôler les mouvements des personnes recherchées sur son sol jusqu’à ce que ces dernières soient expulsées, comme cela a été le cas de Khadim Ould Semane et du groupe de jeunes qui a tué des touristes français en 2007. Concernant la participation possible d’une force militaire sénégalaise au nord du Mali, ce n’est là qu’un engagement politique".
Le pays a commencé à mettre en oeuvre une série de mesures de précaution, en coordination avec les pays ouest-africains et la France.
Dakar a accueilli le 6 juillet une réunion régionale des pays de l’Afrique de l’Ouest, qui avait pour objectif de déterminer les moyens de contrer les menaces terroristes pesant sur l’aviation civile.
Les participants ont lancé à cette occasion le projet d’Appui à la sûreté de l’aviation civile en Afrique (ASACA) en coordination avec le ministère français des Affaires étrangères.
"Les Etats ouest-africains ont esquissé un plan commun afin de contrer la menace terroriste croissante dans la région, en tant que phénomène frappant des cibles invisibles", aurait déclaré, selon Panapress, Aubin Sagna, directeur de bureau du ministre sénégalais des Infrastructures et des Transports.
"La situation aujourd’hui en Afrique résulte de l’augmentation des groupes terroristes, qu’ils soient connus ou inconnus", a-t-il ajouté. "C’est également le résultat de la croissance de la haine et de l’intolérance. Et tout cela exige que les pays régionaux établissent un plan venant fermement contrer le terrorisme, et cela réclame également la coordination des efforts et le renforcement de l’efficacité du personnel chargé de protéger l’industrie de l’aviation".
"De plus, il est nécessaire de partager des informations technologiques sur la sécurité aérienne dans le but de se conformer aux systèmes internationaux", a conclu Sagna.
Source : Magharebia