Accueil > Tribune > Nos ministres sont-ils des hommes de dossiers ?
Nos ministres sont-ils des hommes de dossiers ?
mardi 6 mars 2012
Par Cheikh Tidiane Dia
L’opinion nationale semble imputer une grande part des responsabilités actuelles aux contre-performances du gouvernement de Moulay Ould Mohamed Laghdaf. Bien que cette vision politiquement ne soit pas soutenable, elle est, technocratiquement, défendable. En partant du principe que tout gouvernement doit rendre des comptes et s’astreindre à l’obligation des résultats, en Mauritanie la gestion de l’économie est centralisée par le président de la République qui dispose de tous les pouvoirs pour orienter les décisions. Le Pm n’est qu’un simple instructeur des ordres qu’il reçoit de son chef.
C’est pourquoi les citoyens confondent l’Etat au seul patron magistral du pays. Mais cela ne leur fait pas perdre de vue que le gouvernement a aussi des responsabilités importantes dans le changement de leur quotidien. Ils jugent les hommes selon leur gabarit et n’hésitent pas à leur faire porter le chapeau quand les choses n’avancent pas. Il y a des ministres dans les gouvernements passés qui ont marqué par leurs présences les esprits. Ils sont souvent cités en exemple par les citoyens qui se plaisent à établir des comparaisons par rapport à leurs collègues moins efficaces en termes de traitement de dossiers.
Dans les normes, un ministre c’est un homme de dossiers. Il est investi d’une lettre de mission qu’il doit exécuter selon la définition des termes de référence. Certains ministères stratégiques sont plus soumis à cette exigence d’éplucher les dossiers techniques pour faire avancer le programme du gouvernement et les ambitions du président de la République. Nous avons connu ainsi dans les piètres des régimes des hommes qui ont fait la différence et laissé des traces dans leurs département après leur départ. D’autres sont venus installer le désordre et remettre en cause tout ce qui pouvait aller dans le sens de la continuité. Le gouvernement de Moulay Ould Mohamed Laghdaf a du mal à sortir de sa léthargie et de sa docilité pour faire bouger les dossiers aussi encombrants que ceux de l’éducation, la fonction publique, l’agriculture.
Quelques timides pas sont en train d’être esquissés dans le domaine de la santé, des finances, des transports, de l’intérieur et de la décentralisation. Le Pm en tant que capitaine de l’équipe reste cloitré dans une maison en vitre translucide où le citoyen peine à entrevoir les gestes forts du locataire de la primature. Même à la présidence, les collaborateurs du Rais sont saisis d’une sorte de stupeur les empêchant de connaitre où mettre la main à l’ouvrage. Il semble que même l’agenda présidentiel manque de suite à cause de cette inhibition de l’action. Le président de la République se défend à chaque fois pour dire que le gouvernement a carte blanche pour travailler mais hélas, ce qu’il faut, ce sont des hommes de dossiers pour changer la situation socio-économique du pays. Ces hommes existent il faut les chercher !
Cheikh Tidiane Dia
Le Rénovateur quotidien