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Neveu : « Le début du renouveau mauritanien »
mardi 17 avril 2012
Sélectionneur de la Mauritanie, 202e au classement FIFA, Patrice Neveu a effectué dimanche son baptême du feu contre l’Egypte (0-3). Nullement affecté, il développe sa stratégie pour relancer une sélection au fort potentiel privée de compétition depuis plusieurs années... (Photo Frank Simon)
« Patrice Neveu, vous venez de vous incliner contre l’Egypte (0-3) pour votre premier match avec les Mourabitounes. Pas trop déçu ?
Oh que non ! A la base, on a accepté ce match amical loin de chez nous pour s’étalonner face à un grand d’Afrique. On a pris ce risque. Après trois mois de travail, je souhaitais voir à quel niveau mon groupe de joueurs se situait. J’ai désormais une idée très précise du Championnat local, je connais la qualité de mes garçons, mais j’ai noté une certaine lassitude aussi, par rapport au Championnat.
La Mauritanie n’avait plus joué de match depuis 2010, le réveil a été difficile...
On était face à un adversaire solide, qui nous a respectés dès la première minute. Je l’ai dit d’ailleurs à Bob (Bradley, le sélectionneur américain de l’Egypte). C’était un excellent test. On a lâché pendant 12 minutes en première période. Ensuite, j’ai poussé une petite gueulante et on a été meilleurs en seconde. Le match de Dubaï était celui du renouveau pour les Mourabitounes, dont c’était le grand retour au plan international, et il en appelle d’autres.
« On a l’accord de Diallo Guidileye, Oumar Ndiaye... »
Vous n’êtes pas engagé en éliminatoires de la CAN 2013. Que préparez-vous au juste ?
Pendant plusieurs années, le pays a été suspendu de compétition par la CAF pour avoir déclaré forfait. On prépare un tournoi amical en Palestine à la mi-mai, où j’irai avec des locaux. Ensuite, on a la Coupe arabe des Nations en Arabie saoudite (en juillet). Je souhaite y aller avec quelques pros.
Justement, vous aviez lancé en février dans France Football un appel à tous ces joueurs qui sont basés à l’étranger. Quel a été le retour ?
Une cinquantaine s’est manifestée, mais en fait il n’y en a qu’une quinzaine qui ont le niveau requis. Je reviens d’ailleurs d’un séjour en France où j’ai parlé avec des joueurs. On a l’accord de Oumar Ndiaye (Vannes), Diallo Guidileye et Ba Adama (Brest), Camara de Decize (CFA2). On espère aussi Dominique da Silva (Ahly le Caire).
L’ossature restera-t-elle formée par les joueurs locaux ?
C’est bien mon intention, d’autant que l’on jouera aussi une qualification au prochain CHAN (la CAN des locaux). Je vais m’appuyer sur ces joueurs issus du Championnat, un peu à la manière d’un Hervé Renard avec la Zambie, qui a construit son équipe avec des joueurs du cru.
« Le challenge est beau »
Dans quelles conditions travaillez-vous localement ?
Je suis installé à Nouakchott en permanence, en compagnie de mon fidèle adjoint Nicolas Santucci. On forme un binôme qui fonctionne bien, c’est important, surtout quand on est expatriés. Je travaille aussi avec Pape Seck, un ancien international et adjoint local. On voit beaucoup de matches, on suit les joueurs à l’étranger. C’est un vrai travail de fond.
A l’occasion de ce match contre l’Egypte, on a vous a interrogé sur votre passage sur place. Envie d’y retourner ?
J’ai effectivement entraîné Ismaïli et Smouha, un club plus modeste. Comme je l’ai déclaré à la télévision égyptienne, je crois que tout entraîneur passé par ce pays y reviendrait avec plaisir. Mais aujourd’hui, c’est ma mission avec la Mauritanie qui me passionne. Le challenge est beau. »
Propos recueillis par Frank Simon, à Dubaï
Source : France Football