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Mauritanie : les défis d’une production agricole locale

dimanche 2 décembre 2012


La région du Guidimakha, située à l’extrême sud-est de la Mauritanie, est la plus pauvre du pays. Sa population, en majorité rurale, peine à vivre décemment des revenus tirés de l’agriculture. Ce projet du GRDR a pour objectif d’accroître la production et la rentabilité des activités maraîchères grâce à des techniques agroécologiques et une commercialisation en circuits courts.

Les terres sont pourtant fertiles et la pluviométrie est avantageuse, contrairement à d’autres régions du pays. Mais les maraîchers de la région cumulent plusieurs « handicaps ». Ils manquent de semences et d’engrais de qualité. Ils disposent de systèmes d’irrigation peu nombreux et inefficaces. Ils rencontrent des difficultés liées à la conservation et au stockage des produits, rapidement périssables. Ils sont peu organisés pour vendre leur production auprès des consommateurs locaux. Enfin, pendant la saison sèche, les producteurs vendent leurs maigres récoltes à perte sur les marchés et subissent la concurrence des légumes importés (tomates d’Espagne ou du Maroc, pommes de terre et oignons des Pays-Bas).

Actuellement, 350 producteurs et productrices se sont portés volontaires pour des formations à de nouvelles techniques : protection des cultures contre les insectes et les rongeurs, fertilisation des sols, conservation des récoltes, utilisation d’un nouveau matériel d’irrigation… 15 vendeuses de légumes du marché de Sélibaby ont un contact direct avec les producteurs et deviennent les relais de la commercialisation.

Les actions choisies pour mener à bien ce projet se veulent respectueuses de l’environnement. Les producteurs sont encouragés à utiliser de la fumure organique pour améliorer la fertilité des sols. Cela leur évite d’acheter des engrais chimiques. Le Guidimakha étant une région d’élevage, l’accès au fumier est donc garanti à moindre coût. Les coopératives sont équipées en système de « goutte à goutte » pour irriguer les terres. Ce dispositif permet des économies d’eau significatives et réduit la pénibilité du travail pour les exploitants agricoles. Des plantes sont préférées aux pesticides pour protéger les cultures. Toutes ces techniques, en plus d’être économiques et écologiques, garantissent des produits sains et de meilleure qualité. Les coopératives vont communiquer auprès des consommateurs sur les bienfaits du « consommer local ».

Ce projet fait partie des initiatives soutenues dans le cadre du programme « Promotion de l’agriculture familiale en Afrique de l’Ouest » porté par la Fondation de France et le CFSI.

Source : AlimenTerre