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Mauritanie - les cours suspendus à l’université de Nouakchott après des manifestations

vendredi 3 février 2012


Les cours ont été suspendus à l’université publique de Nouakchott et plusieurs étudiants renvoyés en raison de manifestations ayant perturbé les études et le fonctionnement de l’établissement, a appris l’AFP vendredi de sources concordantes.

A l’issue d’un conseil de discipline jeudi, le rectorat a décidé de suspendre les cours dans les différentes facultés pendant une période de 10 à 25 jours, selon une note de la direction de l’université, ce qu’ont confirmé à l’AFP un étudiant, un professeur et le président de l’université.

D’après ces sources, cette suspension a été décidée en raison de manifestations d’étudiants qui réclament des augmentations de bourses et affirment soutenir leurs camarades protestant contre la fermeture de l’Institut supérieur des études et de recherches islamiques (Iséri) de Nouakchott.
L’Iséri a été transformé depuis octobre 2011 en Université des sciences islamiques et déplacé en province.

D’après l’étudiant joint par l’AFP, le rectorat a décidé que les cours reprendront progressivement à l’université suivant un planning des examens qui commenceront les 11 et 12 février pour certaines facultés, le 25 du même mois pour d’autres.
Le conseil de discipline a décidé de renvoyer définitivement huit étudiants et de suspendre pour un an trois autres.
Selon l’université, ils ont perturbé les cours, entravé le travail du rectorat qu’ils ont occupé pendant deux jours avant d’être délogés jeudi soir par la police. Parmi les onze étudiants renvoyés ou suspendus, figurent trois secrétaires généraux de syndicats estudiantins, d’après le document.

Les meneurs des mouvement ont détruit des biens de l’université, (...) piétiné le drapeau national, menacé des professeurs et des doyens à l’arme blanche, investi et cadenassé le bureau du rectorat, a affirmé à l’AFP le président de l’université, Abdallahi Kane.
Nous avons pris les décisions qui s’imposaient a ajouté M. Kane.
Il a accusé les leaders d’être manipulés par des forces politiques dont le parti islamiste Tewassoul et le mouvement négro-africain Touche pas à ma nationalité (TPN), en pointe dans la contestation d’un recensement de la population jugé raciste par des Noirs de Mauritanie.
Les étudiants ont présenté des revendications qui n’ont rien à voir avec les leurs sur ordre de leurs partis politiques, notamment en soutien aux étudiants de l’Iséri, a-t-il dit.

Le 25 janvier, une manifestation estudiantine à Nouakchott contre la fermeture de l’Iséri avait été dispersée par la police, donnant lieu à des échauffourées qui avaient fait plusieurs blessés. (AFP)