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Mauritanie : le procès de sept anti-esclavagistes annulé pour vice de forme
jeudi 28 juin 2012
La cour criminelle de Nouakchott a annulé le 27 juin pour vice de forme la procédure lancée contre le président de l’association anti-esclavagiste ,IRA, Biram Ould Dah Ould Abeid, et six de ses militants. Fin avril dernier, Biram Ould Dah Ould Abeid avait brûlé devant ses sympathisants des livres d’érudits musulmans, affirmant que ses auteurs justifient la pratique l’esclavage. Le président d’IRA, Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste, encourait jusqu’à la peine de mort, ses compagnons, des peines allant jusqu’à 30 ans de prison.
Le fond du dossier n’aura même pas été abordé. La défense compte une vigtaine d’avocats et dès l’ouverture de l’audience, plusieurs d’entre eux présentent des exceptions : ils dénoncent des irrégularités et en premier lieu, la comparution de leurs clients selon la procédure du flagrant délit.
En effet, pour avoir brûlé des livres d’érudits musulmans, Biram Ould Dah Ould Abeid est accusé d’apostasie, d’avoir renié sa foi. Il partage avec ses compagnons plusieurs autres chefs d’inculpation dont perversion des valeurs fondamentales de la société et rébellion contre les forces de l’ordre. Des crimes passibles de peines allant jusqu’à 30 ans de prison, et pour l’apostasie, la peine capitale. Or, pour un crime passible de mort, la loi proscrit la procédure de flagrant délit puisqu’elle exige une enquête du juge d’instruction.
Après deux heures de délibération, le juge déclare finalement la nullité de la procédure et renvoie le dossier devant le parquet. Les sympathisants d’IRA exultent, scandent le nom de Biram Ould Dah Ould Abeid. « Cette décision honore la justice, c’est une première victoire contre l’arbitraire » réagit-il. « Nous avons gagné une victoire mais pas la guerre », tempère Maître Elide Mohameden. « Le procureur a d’ailleurs refusé de libérer immédiatement nos clients, nous les considérons donc en détention arbitraire », indique-t-il.
L’avocat s’attend aussi à ce que le parquet saisisse le juge d’instruction pour relancer une procédure. « C’est une affaire politique et le président de la République a officiellement promis des sanctions contre nos clients » conclut-il.
Source : RFI