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Mauritanie : imbroglio juridique autour de Senoussi ? — Vidéo

mercredi 21 mars 2012


Qui va juger l’ancien chef des renseignements de Mouammar Kadhafi, le colonel Abdallah al-Senoussi ? Son extradition est en effet demandée par la Libye, la France et la Cour pénale internationale.

Interpol a déjà émis une demande d’extradition du colonel al-Senoussi à la requête de la Libye qui vise différentes fraudes, dont « le détournement de fonds publics et l’abus de pouvoir pour un bénéfice personnel ». Le premier vice-Premier ministre libyen, Moustapha Bou Chagour s’est ainsi rendu à Nouakchott pour demander aux autorités mauritaniennes cette extradition.

MUSTAFA ABU SHAGOUR vice-Premier ministre :
 » Nous sommes ici pour rendre visite à nos frères libyens car nous avons de nombreux intérêts entre la Libye et la Mauritanie ; nous sommes également concernés par l’extradition de Abdallah Senoussi car il a commis des crimes contre les Libyens et doit retourner en Libye pour y être jugé”

Mais à cette demande d’extradition émise par la Libye s’ajoute une précédente demande d’arrestation émise cette fois-ci à la demande de la Cour pénale internationale pour « crimes contre l’humanité ».

FADI EL-ABDULLAH porte-parole de la CPI :
 » Nous avons été informés de l’arrestation d’Abdallah al-Senoussi en Mauritanie. Il est l’un des suspects libyens contre lequel le mandat d’arrêt a été émis. Nous avons contacté les autorités mauritaniennes pour leur notifier le mandat d’arrêt. Mais nous n’avons pas obtenu de réponse pour le moment. « 

Troisième acteur de cet imbroglio juridique, la France qui a également réclamé l’extradition de Senoussi. Celui-ci avait été condamné par contumace à la réclusion criminelle à perpétuité dans l’affaire de l’attentat terroriste contre le vol UTA 772 de 1989.

L’association des familles française de l’attentat a d’ailleurs estimé que la France a l’avantage de « l’antériorité » sur la CPI et la Libye, dans sa demande d’extradition.

Toute la question est de savoir à quelle demande d’extradition répondra en priorité la Mauritanie. Le pays n’est en effet pas signataire du Traité créant la CPI. Mais il est tenu de coopérer avec la CPI en vertu de la Résolution 1970 du Conseil de sécurité des Nations unies, lequel avait saisi la Cour pénale pour enquêter sur les crimes commis en Libye. Le contexte juridique serait donc a priori plus favorable à la CPI mais devrait préserver les chances de la Libye de pouvoir juger Abdallah Senoussi.

Cependant la Mauritanie a déclaré à son tour vouloir enquêter sur lui avant tout examen des demandes d’extradition, sans préciser toutefois le temps que cela prendrait.

Source : alQarra TV