Accueil > Actualités > A la Une > Mauritanie Mohamed Ould Ghazwani, l’homme de l’ombre
Mauritanie Mohamed Ould Ghazwani, l’homme de l’ombre
vendredi 28 décembre 2012
Le général Mohamed Ould Cheikh Ahmed Ghazwani, chef d’Etat-major de l’armée mauritanienne, est un des piliers du cercle des intimes du président Mohamed Ould Abdel Aziz, à travers une amitié de plus de 30 ans.
Le général Mohamed Ould Cheikh Ahmed Ghazwani, âgé aujourd’hui de 55 ans, est issu d’un ensemble tribal de l’Assaba (Est de la Mauritanie), les Ideboussates.
Une communauté dont les membres sont de plus en plus présents dans le milieu des affaires (change de devises, vente de pièces détachées et divers autres secteurs de l’économie formelle et informelle) du pays.
Il est né au sein d’une famille maraboutique « vénéré des disciples, bien éduqué, presque avec une cuillère en or dans la bouche. Cet homme est tout le contraire d’un enfant de la rue » témoigne une de ses connaissances, ayant requis l’anonymat.
Il prend la vie mondaine au sein de la société mauritanienne du bon côté.
Mais reste fortement attaché à un style fait de discrétion totale. Histoire d’éviter les effets de manches et les vagues, poursuit notre interlocuteur.
Attitude en toute conformité avec le caractère d’un personnage soucieux de ne pas se faire des ennemis. Ce qui explique le fait qu’il entretient des relations cordiales avec les chefs militaires et même tout le monde.
Ce haut gradé a été formé au Maroc, dans la célèbre école militaire de Meknès, qui a vu défiler tant d’officiers africains. En somme, le même cursus que son ami, le général Mohamed Ould Abdel Aziz, au début des années 1980.
Avant le coup d’état du 3 août 2005, le colonel Ghazwani était chef du deuxième bureau (B2-renseignements militaires). Après cet épisode marquant, il est tout naturellement porté à la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN), poste qui a pris une importance stratégique avec l’arrivée des militaires au pouvoir à partir de 1978.
Le général est bombardé par la suite chef d’Etat-major de l’armée. Station qu’il occupe encore au moment ou la Mauritanie est rattrapée par ses vieux démons sous la forme d’un nouveau putsch militaire le 6 août 2008.
Ce jour là, le général est en tournée d’inspection à l’intérieur, quand il apprend d’abord le limogeage des principaux chefs de l’armée.
Une nouvelle suivie de la réaction de son ami Aziz, alors chef d’Etat major particulier du président de la République. L’alter ego prend les principales commandes sécuritaires de l’Etat et annonce la déposition de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, pour nécessité de « rectification ».
Un Haut Conseil d’Etat (HCE)-nouvelle junte, permet aux généraux de continuer la saga militaire à la tête du pays.
Cette instance est muée en un Conseil National de Sécurité (CNS) après l’accord de Dakar de juin 2009, suivi d’une élection présidentielle, le 18 juillet. Un organe placé actuellement sous la présidence du général Mohamed Ould Cheikh Ahmed Ghazwani, et dont la composition est restée globalement la même au cours des dernières années, en dépit de permutations et retouches mineures.
Face à un gouvernement presque fantomatique, n’ayant servi qu’à l’inauguration des chrysanthèmes, il a gardé la maison pendant l’absence consécutive à la blessure par balles du président Mohamed Ould Abdel Aziz, évacué en France du 13 octobre au 24 novembre dernier.
Source : LesAfriques