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Mauritanie - Echauffourées entre étudiants et forces de l’ordre à Nouakchott

mercredi 22 février 2012


Des échauffourées ont opposé mercredi à Nouakchott des étudiants, qui manifestaient pour la reprise des inscriptions dans un institut islamique, et des policiers, qui les ont dispersés avec du gaz lacrymogène, a constaté un journaliste de l’AFP.

Les étudiants ont réagi aux gaz lacrymogènes par des jets de pierres, et la capitale mauritanienne a été pendant environ trois heures le théâtre de courses-poursuite entre protestataires et policiers.

Selon un porte-parole des étudiants ayant requis l’anonymat, les violences ont fait une dizaine de blessés et la police a arrêté une vingtaine de personnes, ont indiqué des responsable estudiantins et trois femmes, bilan que l’AFP n’avait pu immédiatement confirmer de source policière.

Les étudiants protestataires réclamaient la reprise immédiate des inscriptions à l’Institut supérieur des études islamiques (Iséri), interrompues cette année et qui, selon le gouvernement, reprendront à compter de l’année scolaire 2012-2013.

"Ceci est un leurre", "il faut immédiatement entamer les inscriptions pour l’année scolaire en cours", ont dit des étudiants.

Les manifestants avaient organisé un sit-in sans incidents dans l’enceinte de l’Iséri, dans le cadre d’une opération baptisée "journée de colère" et qui prévoyait également une "marche pacifique" en direction du ministère des Affaires islamiques, distant de 3 à 4 km de l’institut, d’après des étudiants.

A leur sortie de l’Iséri, la police est intervenue pour les disperser, ce qui a provoqué les heurts.

En 2011, les autorités avaient évoqué la délocalisation de l’Iséri de Nouakchott à Aioun (800 km à l’est), où a été créée une "Université des sciences islamiques", pour apparemment fermer progressivement l’Institut, selon des syndicats d’étudiants. Aucune inscription n’avait été acceptée en première année pour 2011-2012 dans cet institut qui, de source officielle, compte actuellement quelque 4.000 inscrits en 2e, 3e et 4e années.

Des étudiants de l’Iséri et d’autres universités du pays ont régulièrement réclamé l’annulation des décisions concernant leur établissement. Les manifestations de mécontentement ont été marquées récemment par des violences à Nouakchott.

Mardi, le ministre mauritanien des Affaires islamiques, Ahmed Ould Neini, avait assuré que l’Iséri sera maintenu pour les étudiants issus d’écoles coraniques.

Source : AFP