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Mali : La Suissesse prise en otage a été libérée

mardi 24 avril 2012


L’otage suisse enlevée le 15 avril à Tombouctou, dans le nord du Mali, a été libérée mardi dans la région. Il reste toujours 19 otages retenus au Sahel.

Le soulagement est grand. Béatrice Stockly, enlevée le 15 avril à Tombouctou, dans le nord du Mali, a été libérée ce mardi dans la région et remise aux services de sécurité du Burkina Faso, qui l’ont évacué à bord d’un hélicoptère, après qu’elle soit arrivée en pick-up, vêtue d’une robe et d’un turban noir, le visage découvert. Elle a ensuite été transférée en lieu sûr.

La Suisse, son pays d’origine, a remercié « toutes les personnes et les autorités qui ont œuvré » à cette libération, « en particulier les autorités du Mali et du Burkina Faso ». Son état de santé « est bon, compte tenu des circonstances », a ajouté le ministère suisse des Affaires étrangères dans un communiqué.
Un rapt réalisé par des "sous-traitants" d’Aqmi

Àgée d’une quarantaine d’années et vivant depuis longtemps à Tombouctou, la Suissesse, une chrétienne très impliquée dans les actions sociales, avait refusé de quitter cette cité historique, baptisée La perle du désert, après sa chute le 1er avril aux mains du mouvement Ansar Dine, appuyé par des éléments d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Béatrice Stockly, dont la libération porte à 19 le nombre de personnes toujours retenues au Sahel, se trouvait entre les mains d’Ansar Dine, qui l’avait reprise au groupe responsable de son rapt et s’était dit prêt à la libérer. Une source bien informée avait indiqué dimanche à l’AFP qu’Ansar Dine, groupe dirigé par l’ex-rebelle touareg Iyad Ag Ghaly et qui veut l’instauration de la charia (loi islamique) au Mali, avait « rejeté une offre de médiation humanitaire, disant préférer discuter directement avec la Suisse ».

Un responsable à Tombouctou a expliqué que la Suissesse avait été enlevée par « une milice privée qui avait l’intention de la revendre à Aqmi », groupe qui avait passé la « commande » de ce rapt à des « sous-traitants ».

« Dans un premier temps, les sous-traitants ont amené Béatrice à une dizaine de kilomètres de Tombouctou. Le lendemain, quand ils ont voulu l’amener plus loin, des éléments armés du groupe Ansar Dine, maître de Tombouctou, les ont poursuivis. Il y a eu des coups de feu échangés et les sous-traitants ont été obligés d’abandonner l’otage », a raconté cette source.
Les Algériens bientôt libérés ?

Depuis près d’un mois, le vaste nord du Mali est sous le contrôle des rebelles touareg indépendantistes du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) mais surtout des islamistes d’Ansar Dine et d’Aqmi, ainsi que d’autres groupes armés et de trafiquants. Le Burkina du président Blaise Compaoré joue depuis des années un rôle de premier plan dans les libérations d’otages, la plupart du temps occidentaux, kidnappés dans la bande sahélo-saharienne.

Après la libération de la Suissesse, 19 otages restent retenus au Sahel par les jihadistes d’Aqmi et un groupe considéré comme dissident, le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) : douze Européens enlevés dans des pays de la région et sept diplomates algériens kidnappés à Gao. Le Mujao aurait donné son accord à Ansar Dine pour libérer les sept Algériens. Pour les autres, pas de nouvelles pour le moment.

Source : France Soir + AFP