Accueil > Tribune > Mali : Encore une fois, l’UA n’était pas au rendez-vous
Mali : Encore une fois, l’UA n’était pas au rendez-vous
dimanche 1er avril 2012
Par Sneiba Mohamed
Qui avait dit que « l’Afrique des présidents a failli » ? Ajoutons : et que l’Union africaine est incapable de faire respecter ses principes ?
Le Mali est au bord du précipice. Une crise qui vient après tant d’autres (Tunisie, Egypte, Libye, Côte d’Ivoire…Mauritanie, Madagascar, Guinée) et qui cédera la place sans doute à d’autres troubles politiques continentaux et qui prouvent que l’UA n’est, dans la réalité, que ce « machin » dont parlait de Gaulle à propos de l’Onu.
Première à s’engager chaque fois sur le front de la diplomatie, l’organisation panafricaine est très souvent – aussi – dépassée par les événements. Au Mali, l’UA ne semble pas avoir de « riposte » à apporter face à un coup d’état qui a pourtant tout l’air d’avoir été improvisé. C’est un peu l’attitude qui avait été celle du Continent en Cote d’Ivoire : Alors que deux des négociateurs en chef (Aziz et Zuma) se trouvaient en Libye, l’Onuci et la force Licorne (France) tiraient Laurent Gbagbo de son bunker et le « livraient » à son adversaire politique Alassane Ouattara qui lui avait fait goûter, à son tour, les joies d’être loger à l’hôtel du Golf. La suite est connue ! Gbagbo est traduit en justice pour tous les torts qu’il a fait subir au peuple ivoirien. Peut-être bien que Gbagbo mérite son sort mais ne faut-il pas regretter que l’UA ait été tenue en dehors de la « solution finale » à la crise ivoirienne ?
En Libye, le scénario a été presque à l’identique. Alors qu’une première réunion se tenait à Nouakchott pour envisager de partir à Tripoli, la France passait à l’attaque. Elle entraînera dans son sillage la Grande Bretagne, puis les USA, l’Onu et l’Otan. Et l’UA dans tout ça ?
Face à tant d’effacement, volontaire ou non, qui peut encore croire dans la capacité de ce continent à dépasser ses clivages entre chefs d’Etat et à encourager les mouvements qui vont dans le sens d’une plus grande émancipation politique, économique, sociale, culturelle ?
Certes, les quatre pays de ce continent - et non des moindres – qui ont vécu des mois durant des événements exceptionnels ; dans la douleur toujours, dans l’horreur parfois, semblent aujourd’hui tirés d’affaire. Des événements qui avaient fait de 2011 « l’année de tous les dangers ». Mais la crise malienne interpelle à nouveau l’UA.
Et l’on n’entend pas une seule voix africaine pour nous expliquer ce qui se passe et nous dire ce qu’il faut faire et comment le faire ; ni pourquoi l’Afrique en est arrivée là, aujourd’hui, à ce stade de la rupture totale.
C’est sans doute que « l’Afrique des présidents » a entretenu jusqu’à présent l’image d’une Afrique « indigne ». Et il faut prendre le mot dans ses trois acceptions : « qui ne mérite pas » ; « qui inspire le mépris, vil, honteux » ; « qui n’est pas digne de son rôle, de sa fonction ».
L’Afrique a besoin de l’Afrique dans les moments dramatiques qu’elle vit aujourd’hui. Depuis des mois, des milliers d’Africains sont morts, victimes de la répression exercée par leurs leaders ; des leaders qui nous disaient - chiffres à l’appui - qu’ils faisaient l’unanimité.
Que l’Afrique des présidents « ferme sa gueule » est compréhensible, oui, elle est morte de trouille que ce qui se passe d’insolite dans certains pays… ne mette au jour ses insuffisances, ses faillites, ses indignités. Que l’Union africaine ne soit pas plus bavarde, on le comprend aussi. L’Afrique a pris l’habitude de dénoncer ce que font les autres quand elle a laissé faire. Trop de complaisance dès lors que le monde politique - qu’il soit au pouvoir ou dans l’opposition - entend « ne pas injurier l’avenir » et, surtout, sauvegarder son présent. On peut bien dénoncer la « guerre coloniale », « l’ingérence », « l’insulte au droit », « l’impérialisme mondial », mais pas les comportements des uns et des autres, quand le vent de l’Histoire n’avait pas encore tourné.
Sneiba Mohamed
http://sneibamohamed.over-blog.com/
Messages
18 avril 2012, 14:22
ce que vous dites est tout à fait évident. mais nous avons aujourd’hui surtout besoin d’une recopnstruction de cette organisation en particulier et de l’afrique en général.pour ce faire, l’afrique doit revenir sur les priuncipes fondamentaux des pères fondateurs de l’union africaine et marcher ensemble en vue d’une afrique solide et homogène. comme par example avoir une politque commune pour favoriser une meilleurte intégration dans tous les plans, avoir une meme monnaie et songer à créer les Etas unis d’afrique.