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Mali : Appel à la Mauritanie, ouverture des islamistes
lundi 16 avril 2012
Le Mali demande à la Mauritanie de l’aider à résoudre la crise dans le nord de son territoire. Le mouvement islamiste malien Ansar Dine, qui contrôle en partie cette région, est "disposé à discuter" avec les autorités.
« Nous sommes venus pour informer le président de la République (Aziz) qu’au Mali nous comptons beaucoup sur la Mauritanie, comme nous comptons sur les autres pays voisins, pour résoudre les grands problèmes que connaît le nord du Mali », a déclaré Tibilé Dramé après avoir été reçu à Nouakchott par le président Mohamed Ould Abdel Aziz.
L’émissaire a remis au président mauritanien un message du chef de l’Etat par intérim du Mali, Dioncounda Traoré.
M. Dramé a souhaité que s’ouvrent « bientôt des entretiens avec nos concitoyens du Mouvement national pour la libération de l’Azawad » (MNLA, rébellion touareg), pour « assainir (leurs) sentiments vis-à-vis de la Nation et de la République dans le cadre de l’intégrité territoriale du Mali ».
Le MNLA, dont des dirigeants sont basés à Nouakchott, a proclamé « l’indépendance » de l’Azawad au nord du Mali, une déclaration rejetée par la communauté internationale. Sur le terrain, les rebelles touareg subissent l’ascendant du groupe islamiste Ansar Dine, appuyé par Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI).
Appel aux Touareg
« Le MNLA doit commencer par confirmer ses disponibilités au dialogue » et il est « souhaitable » qu’il revienne sur sa déclaration d’indépendance pour favoriser une « solution rapide », a poursuivi l’émissaire, appelant les rebelles touareg à « saisir la main qui leur est tendue ».
« Des bases existent pour un dialogue avec Ansar Dine », qui prône la charia (loi islamique) mais refuse la partition, a-t-il jugé, rejetant toute négociation « avec les groupes jihadistes qui ne sont pas maliens » et « n’ont rien à faire chez nous », allusion à AQMI.
Ansar Dine ouvert
Ansar Dine s’est dit dimanche soir « disposé à discuter » avec les autorités maliennes, selon un proche d’Iyad Ag Ghaly, le chef du groupe. « Nous sommes disposés à parler de l’avenir avec Bamako », a déclaré Oumar Ag Mohamed.
« Nous avons déjà libéré près de 200 prisonniers. Nous allons en libérer d’autres. Entre frères musulmans, on peut arriver à s’entendre. Mais il ne faut pas que les non-musulmans se mêlent de nos problèmes », a-t-il indiqué, en référence à l’Occident. « Nous sommes aussi pour que l’aide alimentaire de nos frères musulmans arrive dans les trois régions du nord du Mali », a-t-il ajouté.
La crise dans le Nord est l’un des principaux points au menu des discussions intermaliennes qui devaient reprendre dimanche après- midi au Burkina Faso. (ats/Newsnet)