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Libye : de la lourde tâche de désarmer les milices

vendredi 9 décembre 2011


Sous la pression de la rue, les nouveaux dirigeants Libyens s’apprêtent à s’atteler à la lourde tâche de dissoudre les milices armées des ex-révolutionnaires qui font la loi dans le pays depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi.

Des dizaines de Tripolitains ont manifesté hier, contre la présence d’armes dans la ville et la recrudescence de violences impliquant notamment des milices venues d’autres villes, qui ont participé à la libération de Tripoli fin août et qui y sont restées.

Plusieurs milices se sont installées dans des bâtiments officiels ou encore des résidences et fermes de responsables de l’ancien régime. D’autres tiennent des check-points dans des points stratégiques à Tripoli.

Ces milices disposent d’importants stocks d’armes légères et lourdes, puisés notamment dans l’arsenal de l’ancien régime.

Les thowars de Zenten (ouest), contrôlent par exemple l’aéroport international de Tripoli, d’autres venus de Misrata sont installés dans le siège de la Compagnie nationale de pétrole.

Venu de Zenten à la tête d’une importante force, Abdallah Naker, devenu chef du conseil des thowars de Tripoli, estime que le départ de ses hommes de la capitale ne sera pas si facile.

« Qui garantira les droits de mes combattants ? Qui va les indemniser ? Certains d’entre eux ont payé jusqu’à 12.000 dollars pour acheter leurs armes. Il faut qu’ils soient compensés et honorés », a-t-il déclaré.

« Leur dire tout simplement : merci, vous pouvez rentrer maintenant, ça ne marchera pas. Il n’y a pas d’Etat actuellement. Nous n’avons reçu aucune proposition du gouvernement. Quand des institutions seront vraiment mises en place, on en reparlera », affirme-t-il.

Depuis son entrée en fonctions il y a un peu plus de deux semaines, le gouvernement a annoncé à plusieurs reprises que le désarmement du pays figurait parmi ses priorités, mais jusqu’ici, ses promesses n’ont pas été suivies de faits.

Récemment, le ministre de l’Intérieur, Faouzi Abdelali, avait annoncé un plan prévoyant l’intégration à court terme de 50.000 insurgés au sein des forces de l’armée et des services de sécurité. Dépourvu de moyens financiers, ce plan n’a pas encore été officialisé.

Exaspérés par l’ « arrogance » et les violences provoquées par des milices venues d’autres villes, les habitants de la capitale ont fermé des avenues et artères principales à la circulation pour protester contre leur présence.

Le Conseil local de Tripoli a affirmé que le gouvernement appuyait les revendications des Tripolitains, et a donné un délai de deux semaines aux milices pour quitter la capitale, promettant de désarmer la ville avant la fin de l’année, selon un communiqué du bureau du Premier ministre, Abdel Rahim Al-Kib.

Source : Radio algérienne