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Les tirs de feu contre le président Ould Abdel Aziz, principal évènement de l’année 2012 en Mauritanie

mardi 1er janvier 2013


Les rumeurs ont aussitôt pris le dessus au sujet des circonstances de l’incident et l’état de santé du président qui se trouve à l’hôpital militaire de Nouakchott, placé sous haute surveillance et interdit d’accès.

Tentative de coup d’état militaire, attaque terroriste pour le compte d’Al Qaida au Maghreb islamique (AQMI) ou encore règlements de comptes personnels, a-t-on beau spéculé sans toutefois donner de preuves.

La nouvelle a d’autant plus secoué le microcosme Nouakchottois – voire mauritanien – qu’il s’agissait de la première fois dans l’histoire du pays que la vie d’un président en activité est mise en danger à travers l’agression par arme à feu.

La première information officielle a été donnée peu avant 23 heures par le ministre mauritanien de la communication et des relations avec le Parlement, Hamdi Ould Mahjoub, qui, s’exprimant en direct à la télévision officielle, a fait état d’une légère blessure due à un coup de feu tiré par erreur par une unité militaire.

Cette version a été confirmée, le lendemain, par Ould Abdel Aziz lui-même en parlant à la télévision à partir de son lit d’hôpital avant de s’envoler pour la France à bord d’un avion médicalisé.

« Je rassure tous les citoyens sur ma bonne santé après cet accident causé, par erreur, par un groupe de l’armée sur une route non bitumée dans les environs de Toueila », au nord de Nouakchott, a-t-il dit, affirmant que « les choses vont bien » et qu’il « n’y a pas lieu de s’inquiéter ».

Mais le long séjour médical du Président de la République en France et le silence ayant entouré son traitement à l’hôpital militaire Percy à Clamart (banlieue parisienne) ont ravivé les rumeurs sur son réel état de santé.

De mauvaises langues sont même allées jusqu’à parler de paralysie à vie, de perte de conscience ou d’impossibilité de nutrition buccale et de digestion ordinaire.

De telles spéculations ont été récupérées instantanément par les partis de l’opposition radicale qui y ont trouvé le précieux alibi de réclamer une proclamation de l’incapacité du Président, donc d’un vide constitutionnel, et, partant, de l’instauration d’une période de transition débouchant sur des élections anticipées.

Ces partis regroupés au sein de la Coordination de l’opposition démocratique (COD) ont également demandé la publication officielle du bulletin de santé du Président de la République, requête qui n’a jamais été satisfaite.

Il faut quand bien même noter qu’en dépit du mutisme inquiétant qui a entouré l’état de santé de celui qui détient tous les pouvoirs entre ses mains, la gestion au quotidien des affaires de l’Etat n’a jamais souffert d’aucune brèche.

Cette situation a perduré jusqu’au 20 novembre où Ould Abdel Aziz, à la surprise aussi bien de ses partisans que de ses détracteurs, fut reçu en grande pompe à l’Elysée par son homologue français François Hollande.

Debout sur le perron de l’Elysée, il a annoncé son retour en Mauritanie dans 4 jours pour superviser les festivités commémoratives du 52e anniversaire de l’indépendance du pays, le 28 novembre.

Un retour qui a été accueilli par des marées humaines sans précédent massées sur les abords de l’avenue reliant l’aéroport au Palais présidentiel sur une distance d’environ 3 kilomètres.

Pendant son court séjour à Nouakchott, le chef de l’Etat mauritanien, encore convalescent et la mine visiblement fatiguée, a présidé un Conseil des ministres, inauguré personnellement plusieurs projets et supervisé la cérémonie de levée des couleurs le jour de l’indépendance avant de repartir, le 30 novembre, pour la France pour soins complémentaires.

Cette fois-ci, il y reste seulement une dizaine de jours et revient dans son pays où il vaque actuellement à ses occupations professionnelles de façon tout à fait ordinaire.

Quant à la COD, et même si elle admet, sans le dire, la guérison du Président, elle continue néanmoins de réclamer son départ du pouvoir comme elle le faisait déjà avant le malheureux incident du 13 octobre.

Source : APA