Accueil > Actualités > A la Une > Les salafistes mauritaniens renoncent à al-Qaida et souhaitent leur libération
Les salafistes mauritaniens renoncent à al-Qaida et souhaitent leur libération
samedi 18 août 2012
Un terroriste emprisonné déclare être un "couard" et ne plus soutenir l’idéologie takfiriste d’al-Qaida.
Un groupe de prisonniers salafistes accusés d’actes terroristes a lancé, le lundi 13 août, un appel en faveur de sa libération, expliquant avoir renoncé à l’idéologie d’al-Qaida.
Ces dix prisonniers ont demandé au Président Mohamed Ould Abdel Aziz de leur accorder son pardon à l’occasion de l’aïd al-Fitr, selon un communiqué publié par ces détenus et que Magharebia a pu se procurer. Ce groupe a également lancé un appel aux intellectuels religieux qui avaient pris part au dernier dialogue ayant conduit à la libération de prisonniers ayant procédé à des révisions idéologiques.
Ces salafistes ont expliqué se rappeler "les intellectuels religieux qui avaient participé au dialogue avec eux en 2010 et le pardon qu’ils avaient promis à tous ceux qui renonceraient à leur idéologie terroriste. Mais trois ans ont passé depuis que les premiers d’entre eux ont été libérés, et le reste se trouve toujours en prison, bien qu’ils aient renoncé à l’idéologie d’al-Qaida."
Didi Ould Bezeid, l’un des détenus salafistes signataires de cette déclaration, avait été condamné à douze ans de prison pour son rôle dans le meurtre de l’humanitaire américain Christopher Leggett, il y a trois ans.
Dans une déclaration, Ould Bezeid a expliqué que "les prisonniers accusés d’appartenir à al-Qaida ont deux options amères : s’ils gardent le silence, il sera dit que ce silence est un signe de leur acceptation de la prison, et s’ils parlent et réfutent ces accusations, l’on dira alors qu’ils veulent être libérés pour retourner dans les repaires d’al-Qaida."
Ould Bezeid a réitéré sa renonciation à l’idéologie al-Qaidienne : "J’ai un certain nombre de raisons qui me poussent à ne plus croire en l’idéologie takfiriste d’al-Qaida ni en son approche de la vie."
"Parmi ces raisons se trouve le fait que je ne suis pas convaincu par cette idéologie et que je ne peux endurer le risque ; c’est une chose qui fait de moi un couard", a-t-il ajouté. "Je suis également attaché aux plaisirs de ce monde, en plus de mon comportement en prison, dont chacun s’accorde à dire qu’il est exemplaire."
Sidi Mohamed Ould Younis, directeur du site web mauritanien Sahara Media, explique que "l’appel de ce groupe dans ces circonstances particulières fait partie des tentatives d’exploiter les fêtes religieuses à l’occasion desquelles le Président accorde généralement son pardon à certains prisonniers. C’est également pour eux l’occasion de rappeler aux érudits religieux la promesse faite d’accorder le pardon à ceux qui renoncent à l’idéologie extrémiste."
Mais Ould Younis ajoute qu’il "y a une autre possibilité poussant ces prisonniers accusés d’avoir commis des actes au nom d’al-Qaida à se sentir amers et déçus : le fait qu’al-Qaida n’a pas demandé leur libération, ce qui implique que l’organisation refuse leurs services."
Selon Ould Younis, cela pourrait signifier que "il n’existait aucune coordination entre ces jeunes et al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), qu’ils n’avaient peut-être pas été chargés par al-Qaida de se livrer à ces actes teroristes, et qu’ils ne constituent qu’un groupe de jeunes ayant embrassé l’idéologie de l’organisation.
Le journaliste rappelle les derniers échanges de prisonniers avec al-Qaida, notamment la libération de "Omar al-Sahraoui qui avait enlevé les otages espagnols dans le nord de la Mauritanie le 29 novembre 2010, et Abderahmane Ould Medou, qui avait participé à l’enlèvement de deux ressortissants espagnols et d’une Italienne dans les camps de Tindouf."
"Ce groupe est classé au deuxième rang derrière le groupe le plus dangereux dont plusieurs membres ont été condamnés à la prison à vie, notamment Khadim Ould Semane, Sidi Ould Sidna et Ould Chebarnou", ajoute Ould Ibrahim.
Par ailleurs, le site mauritanien essirage.net a indiqué mercredi que "un groupe de prisonniers salafistes ayant purgé la moitié de leur peine, et certains de ceux ayant déjà participé au dialogue avec les érudits, seront libérés".
Source : Magharebia