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Les révolutions arabes mettent à nu la diplomatie algérienne

samedi 19 novembre 2011


Tribune du Journal algérien El Khabar

Les archives de la diplomatie algérienne ne mentionnent pas qu’un jour une de ses ambassades à l’étranger ait été attaquée, comme cela est arrivé près de notre frontière Est, à Tripoli, vandalisée par les partisans du conseil national de transition, la nouvelle autorité en Libye, ce qui est le signe que l’Algérie n’a plus autant d’importance.

Sans compter qu’en plus du fait que le comité de médiation de l’union africaine dans le conflit libyen a été présidé par la Mauritanie, et non par l’Algérie, l’ouverture d’un canal de communication entre les autorités et les nouveaux dirigeants de la Libye a vu la médiation du Qatar qui a organisé un entretien entre le président Abdelaziz Bouteflika et le président du CNT Mustapha Abdeljalil, ce qui est une situation dans laquelle l’Algérie ne s’était jamais trouvée auparavant, alors que c’était les autres qui avait recours à la médiation de l’Algérie, comme cela a été le cas dans l’affaire des otages entre les Etats-Unis et l’Iran, dans le conflit Erythrée-Ethiopie ou dans le conflit entre le gouvernement de Bamako et les touaregs.

Cela ne s’arrête pas là puisque la présence de l’Algérie aux réunions de la ligue arabe est devenu quasi « facultative », puisque la diplomatie algérienne a connu des revers successifs, que ce soit dans le dossier libyen ou syrien en adoptant une position « neutre », après avoir voulu se cacher derrière l’excuse de « ne pas intervenir dans les affaires intérieures », dans une période de mondialisation ou ne sont plus reconnues les frontières nationales ni même la souveraineté des pays à l’intérieur de leur frontières.

Ces revers diplomatiques interviennent à l’heure ou le discours officiel répète que l’Algérie a retrouvé sa place au niveau international, s’est débarrassée de ses dettes extérieures, a une réserve de change de près de 200 milliards de dollars et a recouvré sa sécurité après une lutte difficile contre le terrorisme. Quelle aurait été alors la situation si les caisses de l’état étaient restées vides, les intérêts du FMI qui augmentent d’année en année et la facture alimentaire payée aujourd’hui « cash » avait été payé par les dettes ou par des crédits étrangers ? Toutes ces cartes que possède l’Algérie ne change rien au problème comme si la diplomatie algérienne ne les possédait pas ou qu’elles n’étaient pas à sa portée, ce qui signifie que l’Algérie est toujours restée un grand pays, même pour ses ennemis, et pas seulement pour ses amis, le problème est dans son pouvoir, faible et malade, qui a fait que sa diplomatie ces dernières années, et particulièrement durant la période des révolutions arabes, ne reflète pas réellement le poids de l’Algérie géographiquement et historiquement.

Journal algérien El Khabar