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Les ravages du « syndrome du moindre effort » en Mauritanie

vendredi 18 novembre 2011


Par Cheikh Tidiane Dia

S’il ya un point commun entre la majorité des travailleurs de l’Etat mauritanien, c’est bien ce qu’il est convenu d’appeler par les temps qui filent, le syndrome du moindre effort.Un virus qui frappe la bureaucratie mauritanienne et qui visite tous les secteurs publics et privés.Il est admis sans doute que c’est le travail qui valorise plus l’homme.Mais aussi et surtout qui participe au développement d’un pays. Plus les hommes travaillent, mieux une société prend son envol. L’inverse donne l’effet opposé. Dès lors il faut faire la part des choses entre le travail qui sert et celui qui freine la marche d’un pays.

Le cas de la Mauritanie mérite bien d’être posé. Il est vrai que les jugements ne sont pas applicables à tous, ce qui serait d’ailleurs arbitraire et aberrant. Mais nombreuses sont les ressemblances dans les comportements vicieux entre les fonctionnaires notamment issus de l’administration officielle.
D’une part les motivations qui poussent à l’exercice correct de la responsabilité ne sont pas les mêmes, mais aussi l’observation des principes de l’éthique et de la déontologie du métier fait très souvent défaut. Ainsi, le dévouement pour le travail se fait par rapport à ce qu’on y gagne. La rétribution matérielle vient en premier lieu, morale ensuite. Au fil des années les rapports de l’employé avec son travail se sont profondément transformés. Ce qui affecta sévèrement le niveau du développement de ce pays pauvres parmi les plus pauvres du monde. De mauvaises habitudes ont gagné tous les secteurs de la vie nationale en particulier le domaine public. Le premier de ces défauts pernicieux est l’absentéisme des fonctionnaires et agents de l’Etat qui se sont abonnés pour la plupart au « régime du moindre » effort.

Là, chacun se dépense au minimum pour ne pas épuiser son énergie. Le dévouement dans le métier est sacrifié à l’autel de la fainéantise et du mépris pour la patrie. Nous voyons que la différence est nette entre les générations d’hier et celles d’aujourd’hui. Quand un fonctionnaire qui ne comptait que sur ses maigres revenus restait dans son lieu de travail jusqu’à la dernière minute de la descente, il était motivé d’abord par l’amour attaché à son travail et le désir ardent de servir le pays. Il croyait tellement à ce qu’il faisait qu’il y mettait toutes ses forces et la rigueur qu’il faut. Cette belle époque est morte avec l’avènement d’une nouvelle génération de cadres plus diplômés et mieux payés.

On dira peut-être que les niveaux de vie ne sont plus les mêmes par rapport aux revenus. Mais les exigences pour le développement sont aujourd’hui plus grandes. Le goût pour le travail a été détourné par la course folle pour l’argent à cause ses charges multiples qui étranglent les mauritaniens.

Les mesures d’augmentation des salaires entreprises ces dernières années n’ont pas beaucoup changé les mentalités des travailleurs. L’administration mauritanienne est plus que jamais attaquée par le virus de l’absentéisme qui a eu raison de la conscience professionnelle des cadres et agent de l’Etat. Le combat contre ce fléau est loin d’être engagé. La lutte contre la gabegie commence par là.

Cheikh Tidiane Dia
Le Rénovateur quotidien