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Les journalistes mauritaniens débattent des défis de la couverture médiatique des évènements maliens

lundi 31 décembre 2012


La presse joue un rôle important dans la sensibilisation aux dangers du conflit en cours dans le Mali voisin, selon le ministre mauritanien de l’Information.
Les journalistes mauritaniens se sont récemment réunis pour parler des difficultés qu’ils ont rencontrées dans l’exercice de leur profession face aux évènements survenus dans le Mali voisin.

Le ministre mauritanien de l’Information Hamdi Ould Mahjoub a déclaré dans son discours d’ouverture que les "évènements en cours dans le nord du Mali suscitent l’inquiétude de tous les Mauritaniens, parce qu’ils touchent nos voisins, nos frères et nos amis".

Ce séminaire, qui s’est tenu le 20 décembre, était organisé par l’Association des journalistes mauritaniens en coopération avec le Regroupement de la presse mauritanienne (RPM). Parmi les participants figuraient des journalistes, des diplomates, ainsi que de hautes personnalités maliennes.

"Si nous abordons ce sujet sous l’angle sécuritaire, la Mauritanie ne pourra être en sûreté ou connaître la stabilité si la presse ne joue pas son rôle dans ce conflit avec conscience, en orientant et en informant les citoyens", a ajouté le ministre de l’Information.

Il a également expliqué que "le rôle tenu par la presse a évolué ces dernières années, passant d’un devoir de propagande à une mission dans laquelle la liberté responsable est une base importante pour sensibiliser, écarter les danger, servir la pluralité des opinions et des positions, de façon à ce que les personnes puissent faire des choix avisés".

"Le conflit dans le nord du Mali impose de nombreux défis", a-t-il poursuivi. "En tant qu’Etat, partis politiques, société civile et journalistes, nous devons en tenir compte".

"Ce qui se passe dans le Mali voisin pourrait arriver ici si nous n’étions pas extrêmement prudents", a indiqué Ould Majoub.

Sy Mamadou, journaliste et président du RPM, a expliqué que couvrir les évènements au Mali était un travail complexe, parce que cette mission "expose les journalistes à de nombreux dangers et à des restrictions, comme le danger d’être exploité par les terroristes".

"On exige des journalistes qu’ils présentent l’actualité et les informations aux citoyens, mais dans le même temps, ils ont l’obligation de faire attention à ne pas promouvoir le discours des extrémistes", a-t-il ajouté.

Moussa Ould Hamed, rédacteur en chef du quotidien Biladi et ancien directeur de l’ANI, a expliqué que "la crise malienne ne concerne pas seulement l’Azaouad, mais elle est également intensément ressentie dans le sud du Mali en raison de l’absence d’un système administratif. Et cela complique encore davantage les solutions au problèmes qui surviennent dans le nord".

"Mais tout ce qui touche le Mali pourrait se refléter sur la Mauritanie, et ce que vit aujourd’hui le Mali fournit un diagnostic sur la situation intérieure de la Mauritanie, car il n’y a pas de frontières entre les deux pays", a-t-il ajouté.

Ahmed Ould al-Nada, un journaliste tout juste de retour du nord du Mali, a déclaré qu’en plus du manque de sécurité, les correspondants doivent traiter avec les parties en conflit, qui ont leurs intérêts propres.
"Il est très difficile pour les journalistes de travailler de façon professionnelle et neutre", a ajouté Ould al-Nada. "Ils sont nécessairement susceptibles de servir certaines parties, en blessant les intérêts des autres, est sont donc exposés au meurtre, à l’emprisonnement et à la restriction de leurs libertés".

Dans sa conclusion, il a noté que pour garantir le contrôle de ses frontières, la Mauritanie se devait de bien connaître la nature de la partie adverse.

D’autres participants à ce séminaire ont convenu que la solution à apporter à la crise au Mali "dépend des Maliens eux-mêmes", comme l’a expliqué le commissaire de police Mohamed Abdellahi Ould Adda.

Pour sa part, Zakiatou Walet Halatine, ancien ministre du gouvernement malien et activiste au sein du Mouvement national pour la libération de l’Azaouad (MNLA), a déclaré que "la solution à la crise actuelle au Mali exigera que l’Etat malien rétablisse l’équilibre entre les institutions militaires et la société civile, et qu’il garantisse une juste répartition des richesses, afin que les Touaregs puissent jouir de leurs droits en tant que citoyens maliens de plein droit".

Source : Magharebia