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Les Maliens cherchent refuge en Mauritanie
vendredi 3 août 2012
Alors que la Mauritanie doit faire face à un afflux massif de réfugiés maliens, les organisations internationales d’aide humanitaire sont prêtes à intervenir.
Des milliers de Maliens ont fui le conflit sanglant dans le nord du pays pour chercher refuge en Mauritanie. Mais de nombreux Maliens déplacés doivent maintenant affronter les risques de maladie et de graves pénuries.
Selon le Haut commissaire des Nations unies pour les réfugiés Antonio Guterres, la situation est critique. Mercredi 1er août, il a demandé à la communauté internationale d’apporter son soutien dans la fourniture de moyens pour aider ces Maliens.
"Plus de 108 000 réfugiés maliens se trouvent dans le camp de réfugiés de M’berra" dans le sud de la Mauritanie, le long de la frontière avec le Mali, a indiqué le Comité international de la Croix rouge (CICR) le 27 juillet.
Une équipe du Croissant rouge mauritanien et du CICR a distribué fin juillet des produits non alimentaires de première nécessité dans ce camp. Cette distribution a duré une semaine, et s’est terminée le 25 juillet, selon le CICR.
Quelque 72 000 personnes ont reçu des articles ménagers et d’hygiène (couvertures, matelas, moustiquaires et kits de cuisson). Le CICR a également identifié plusieurs milliers de familles vivant sans un toit au-dessus de leurs têtes. Ces familles recevront des bâches étanches.
Le Croissant rouge mauritanien, qui opère par l’intermédiaire de sa branche locale à Bassiknou, travaille depuis plusieurs semaines à répondre aux besoins des populations déplacées.
Il y a "un risque que des épidémies comme le paludisme et le choléra fassent leur apparition dans les camps de réfugiés touaregs en Mauritanie, qui abritent actuellement plus de 300 000 personnes qui ont fui leur pays au lendemain du conflit entre l’armée malienne et les combattants du MNLA (Mouvement national pour la libération de l’Azaouad) et d’Ansar al-Din", avait mis en garde Médecins sans frontières (MSF) le 28 juin.
"Les médecins de l’organisation traitent un certain nombre de cas de diarrhée et de paludisme dans ces camps", a expliqué la coordinatrice des actions d’urgence de MSF Marie Christine Ferrero dans un communiqué distribué par l’organisation. "Les afflictions les plus communes sont les inflammations des poumons. Elles sont dues dans la majorité des cas aux conditions de vie difficiles que connaissent les réfugiés dans les camps."
Pour protéger les enfants vivant dans ces camps, "dix mille d’entre eux ont été vaccinés contre la rougeole depuis le mois de mars", a-t-elle ajouté.
Le début de la saison des pluies "augmente les risques d’apparition d’épidémies dans ces camps de réfugiés", selon Ferrero.
"Parmi les organisations impliquées dans le travail humanitaire international dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’alimentation et de la fourniture d’eau potable, nous pouvons mentionner d’importantes organisations comme le Programme alimentaire mondial (PAM), qui a fourni une grande quantité de nourriture et de tentes aux côtés du HCR", a expliqué Mohamed Mahmoud Sidi, directeur de l’Organisation pour l’assistance aux enfants malades et en situation difficile (OAEMSD), l’une des premières ONG à travailler dans les camps de réfugiés maliens.
Mais malgré cet afflux de ressources de la part des organisations d’assistance internationales pour venir en aide aux réfugiés, cela ne suffit pas.
"Les plus grands perdants de cette lutte pour l’indépendance de l’Azaouad sont sans aucun doute les populations civiles de l’Azaouad, qui ont été déplacées à l’intérieur et au-delà des frontières de cette région, mais également les nombreuses victimes civiles et militaires qui ont été exécutées par l’armée malienne dans le silence le plus complet", a expliqué l’analyste Khado Ag Ghousmane. "Ce silence, qui nous blesse tous, est dû en partie à ce qui ressemble à la démission de Moussa Ag Acharatoumane, le responsable des droits de l’Homme du MNLA."
"Cela doit s’arrêter, dans l’intérêt à la fois du MNLA et de la population de l’Azaouad", a-t-il conclu.
Source : Magharebia