Accueil > Actualités > A la Une > Le paludisme serait deux fois plus meurtrier qu’on ne le pensait

Le paludisme serait deux fois plus meurtrier qu’on ne le pensait

samedi 4 février 2012


Londres (Reuters) - Le paludisme tue chaque année plus de 1,2 million de personnes, un nombre presque deux fois supérieur à celui jusqu’alors avancé, selon une étude médicale publiée vendredi.

Les précédentes études épidémiologiques ont sous-estimé le nombre de victimes car elles partaient du principe erroné que le parasite transmis par les moustiques affecte surtout les bébés, et se focalisaient donc sur les moins de cinq ans, écrit l’Institute for Health Metrics and Evaluation (IHME), un organisme américain.

La nouvelle étude, publiée dans la revue médicale britannique The Lancet, montre au contraire que 42% des morts sont des enfants plus âgés ou des adultes.

Selon les chercheurs, ce nombre de victimes plus important plaide en faveur d’une hausse des dépenses consacrées aux programmes de lutte contre le paludisme, au moment où de nombreux gouvernements sont tentés de réduire leur budget dans un contexte de crise économique mondiale.

"On apprend dans les écoles de médecine que les enfants qui sont exposés au paludisme renforcent leur immunité et ne succombent plus à la maladie une fois adulte", souligne le directeur de l’IHME, Christopher Murray. "Les éléments que nous avons recueillis dans les hôpitaux et auprès d’autres sources prouvent le contraire."

Selon l’étude, le nombre de victimes du paludisme est passé de 995.000 en 1980 à 1,8 million en 2004, avant de revenir à 1,2 million en 2010.

Ce chiffre contredit celui de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), dont le dernier rapport estime à 655.000 le nombre de personnes tuées par le parasite en 2010, principalement en Afrique sub-saharienne.

L’agence des Nations unies a confirmé vendredi cette estimation, précisant que l’étude publiée dans The Lancet reposait sur des témoignages de proches des victimes, et non sur des analyses d’échantillons par des laboratoires.

"Nous maintenons que la majorité des cas mortels concernent les enfants des moins de cinq ans et nous nous en tenons donc à notre estimation", a déclaré un porte-parole de l’OMS.

Seul point d’accord entre l’IHME et l’OMS : le déclin du nombre de victimes ces dernières années, attribué aux progrès des traitements antipaludéens et à l’utilisation de moustiquaires imprégnées d’insecticide.

Kate Kelland, avec Stephanie Nebehay à Genève, Tangi Salaün pour le service français, édité par Gilles Trequesser