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Le paludisme, fruit maudit de l’esclavage

mercredi 15 février 2012


Les scientifiques se sont penchés sur l’origine du paludisme qui sévit en Amérique latine. En effet, s’il est aujourd’hui avéré que le Plasmodium falciparum - le parasite responsable du paludisme - est bien né sur le continent africain, on s’interroge encore sur le point de savoir comment il a pu gagner massivement l’autre côté de l’Atlantique. Réponse : par la traite négrière.

Le « commerce triangulaire » a fait la fortune des armateurs nantais… et le malheur de millions d’Africains transportés de force en Amérique, pour y être vendus comme esclaves. Comme par un (juste ?) retour des choses, c’est aussi par ce biais que le parasite responsable du paludisme a, traversé l’océan. Pour parvenir à cette explication, des chercheurs de l’Unité mixte de Recherche MIVEGEC (Maladies Infectieuses et Vecteurs : Écologie, Génétique, Évolution et Contrôle) de l’Université de Montpellier, ont réuni plusieurs centaines d’échantillons de sang humain infecté par Plasmodium falciparum. Ces échantillons qui provenaient de tous les points du globe, ont été comparés afin de déterminer leurs similitudes.

Les chercheurs ont de la sorte, identifié deux groupes génétiquement distincts, tous deux en Amérique latine. L’un comme l’autre étaient proches du parasite africain. Le Brésil est tout particulièrement affecté. C’est d’ailleurs logique, sachant que 40% des Africains emmenés de force outre-Atlantique, l’ont été dans ce pays.

Aujourd’hui encore, la maladie est endémique dans la zone intertropicale, essentiellement dans le bassin amazonien (90% des infections), en Amérique centrale et dans le sud du Mexique. Chaque année 2,7 millions de personnes sont infectées dans cette région du monde, dont près de la moitié au Brésil.

Source : Actualité scientifique, Institut de Recherche pour le Développement (IRD)