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Le Sahel, enjeu de rivalité entre Paris et Alger ?
vendredi 2 mars 2012
Le ministre français des Affaires étrangères était, ce 26 février, à Bamako. Alain Juppé et le chef de l’Etat Mallien ont abordé la situation du Nord du Mali. Une zone que rébellion touarègue tente de s’approprier. Alain Juppé a rappelé qu’il valait mieux privilégier le dialogue avec les touarègues.
Par ailleurs, leur rébellion menace la tenue de l’élection présidentielle que le Mali a prévue au mois d’avril prochain. Alain Juppé a donc insisté sur le respect du calendrier électoral dans tout le Mali, y compris dans la zone rebelle touarègue du Nord.
Paris suit de très près la situation de cette zone du Sahel. En effet, depuis le 17 janvier dernier, le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (Mnla) et d’autres rebelles touareg mènent dans le Nord une offensive contre l’armée malienne visant à libérer « le peuple de l’Azawad » lieu censé être le berceau des touarègue.
Or Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) est déployée dans la zone du Sahel et y retient en otage 13 ressortissants étrangers dont six Français. Plus largement, cette zone revêt une importance stratégique pour la France puisque 30% de l’uranium utilisé dans les centrales en France provient du Niger, un pays sahélien où l’AQMI très active, menace directement ses intérêts.
Mais l’Algérie souhaite également la stabilité de cette région. En effet, les combats meurtriers de cette zone ont fait plus de 120 000 réfugiés et un grand nombre d’entre eux vit actuellement sur son sol. Alger mène également une lutte intense contre AQMI issue directement de l’ex- GSPC algérien dans une zone qu’elle veut garder sous son contrôle.
L’Algérie est aussi soupçonnée de vouloir profiter du vide laissé par la disparition de Mouammar Kadhafi, qui s’était fortement impliqué dans la stabilisation du Sahel. Un leadership laissé vacant et qu’Alger entend reprendre.
A défaut de se retrouver sur des positions identiques, Alger et Paris savent qu’ils ont le même ennemi : AQMI. Cette communauté d’intérêt explique sans doute les déclarations rassurantes de la France qui a tenu à affirmer que l’Algérie avait un rôle central dans la pacification du Sahel. Toute la question est de savoir si cette communauté d’intérêt perdurera. En effet leurs intérêts peuvent diverger dans une région où le jeu des alliances entre des acteurs souvent indéfinis est en constante redéfinition.
Source : al-Qarra TV