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Le Mouvement Azawed MNLA annonce la rupture avec Ansar Eddine

jeudi 22 mars 2012


Le conflit au nord du Mali connait de nouveaux et importants développements, avec une rupture annoncée entre les deux mouvements rebelles, le Mouvement national de Libération de l’Azawed (MNLA), qui se déclare laïc et démocratique, et l’organisation Ansar Eddine, qui veut instaurer un Etat islamique.

Le Mouvement National de Libération de l’Azawed (MNLA), qui a engagé une vaste offensive depuis la mi-janvier pour revendiquer l’indépendance de cette partie du Mali, a violemment dénoncé, mercredi, le groupe Ansar Eddine, qui combat lui aussi l’armée malienne dans le nord du pays en vue d’instaurer un Etat islamique.

Dans un communiqué diffusé au nom du Bureau Politique du MNLA, et signé de son président, Mahmoud Ag Aghaly, parvenu mercredi à Maghreb Emergent, le MNLA affirme que la république pour laquelle se bat le MNLA « est basée sur les principes de la démocratie et de la laïcité. Il ne saurait y avoir de confusion possible entre notre combat et celui des criminels qui visent à instaurer un régime théocratique, en totale contradiction avec nos fondements culturels et civilisationnels ».

Le MNLA mène un « combat libérateur », avec des « objectifs démocratiques, laïcs et révolutionnaires », ajoute le communiqué, alors que « Ansar Adine est un groupe islamiste malien qui a enrôlé des jeunes azawadiens et ouest africains dans un combat idéologique. Nous nous ne saurions tolérer (ce mouvement) sur notre territoire », affirme le communiqué du MNLA.

Le Mouvement Azawed dénonce par ailleurs les « amalgames » et les « manipulations » du gouvernement malien, qui mène une entreprise de « désinformation » pour « salir le combat » du MNLA.

Ce communiqué ferme du MNLA marque un point de rupture avec Ansar Eddine, une organisation islamiste liée à la nébuleuse Al-Qaïda, alors que les deux mouvements étaient jusque-là liés par un objectif commun, combatte le pouvoir en place à Bamako.

Les divergences se sont accentuées avec les premiers succès, qui ont permis aux deux formations de mener avec succès des attaques, parfois sanglantes, contre des unités de l’armée malienne dans le nord du pays. Les attaques avaient donné à des atrocités, notamment l’exécution sommaire de quelque 70 militaires maliens, et provoqué l’exode de dizaines de milliers de personnes, qui ont tout abandonné pour se réfugier dans les pays voisins, en Algérie, en Mauritanie, au Niger et au Burki-Faso.

De son côté, Ansar Eddine, dirigé par Iyad Ag Ghaly, un ancien rebelle des années 1990 qui avait momentanément déposé les armes, a affirmé le 20 mars contrôler une large partie du nord du Mali, tout en confirmant son intention d’instaurer un Etat islamique et de chasser quiconque s’opposerait à son projet. "Quiconque n’est pas d’accord avec nous doit quitter nos terres", avait dit le mouvement dans un communiqué.

La chute de Kadhafi a éparpillé les Touareg

Les rebellions touareg se sont multipliées dans le Sahel depuis le changement de régime en Libye, qui avait sonné le retour dans leurs pays d’origine de milliers de Touareg installés auparavant dans la Libye de Maammar Kadhafi. Ils ont ramené avec eux des quantités importantes d’armes, selon les autorités algériennes, qui ont exprimé la plus grande méfiance envers les conséquences des changements de régime dans les pays arabes.

L’action des groupes rebelles touareg au Mali s’ajoute désormais à une instabilité chronique alimentée par Al-Qaïda au Maghreb Islamique et par de nombreuses autres organisations pratiquant des trafics de tous genres.

Source : Maghrebemergent