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La souveraineté de la Libye « menacée »
vendredi 25 novembre 2011
Tripoli (AFP) — La souveraineté de la Libye est « menacée », a déclaré jeudi l’ex-ministre libyen du Pétrole et des Finances, Ali Tarhouni, dans une allusion à peine voilée au Qatar.
« Je vois une menace contre la souveraineté nationale en Libye. Je vois une menace pour les richesses du peuple libyen », a-t-il affirmé lors d’une conférence de presse.
« Il est temps pour moi de parler et de parler franchement (...). Il est temps que les voix du citoyen et de la citoyenne simples et ordinaires soient entendues », a-t-il ajouté.
« Les voix qu’on entend aujourd’hui sont les voix d’une élite, les voix du Conseil national de transition, qui n’est pas élu, et (...) d’autres voix soutenues de l’étranger par l’argent, les armes et la communication », a-t-il dit dans une allusion au Qatar, sans toutefois le nommer.
Ce petit État du Golfe a fourni un soutien logistique et financier aux anciens rebelles pendant le conflit. Mais de nombreuses voix s’élèvent aujourd’hui en Libye contre lui, en l’accusant d’appuyer le courant islamiste.
« Des États se sont tenus à nos côtés, et tous ces États ont des intérêts (...). Et certains de ces États commencent à croire qu’ils ont de l’influence, ce qui est une erreur », a encore dit M. Tarhouni, en estimant que « 90% des Libyens sont d’un courant modéré ».
M. Tarhouni a par ailleurs affirmé qu’il avait refusé de faire partie du nouveau gouvernement dont la composition a été annoncée mardi.
« Je souhaite plein succès au premier ministre et à son équipe (...). Je sais qu’ils vont faire face à de nombreux défis », a-t-il dit, en évoquant notamment la sécurité et la reformation d’une armée régulière, l’économie, l’enseignement et les infrastructures.
« Le système (de l’ancien régime) dans son ensemble est encore intact et tous les éléments Kadhafi font encore partie de ce système », a-t-il en outre assuré.
Le premier ministre Abdel Rahim al-Kib a indiqué à des journalistes jeudi, juste après avoir prêté serment, que des membres de l’ancien régime étaient toujours présents dans les institutions de l’État.
« Les restes de (l’ancien) régime (sont présents) dans les instances et les institutions de l’État et nous voulons nettoyer (ces dernières) et mettre à leur place ces hommes et ces femmes patriotes de partout en Libye », a-t-il déclaré.