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La mendicité une conséquence de la pauvreté des ménages en Mauritanie
mardi 3 juillet 2012
Ousmane 12 ans, est enfant talibé depuis 4ans, ses parents l’ont envoyé chez le marabout pour l’apprentissage du Saint Coran, il entretien un contact téléphonique avec ses parents vivant au Sénégal. Quotidien d’un enfant talibé.
Ousmane , Enfant Talibé à Noukchott
Chaque jour, comme tous les enfants de son medersa il va dans les rues demander de l’aumône pour son marabout thierno moussa sis au sixième. Un serviteur religieux pour qui Ousmane voue une adoration presque parfaite. La religion musulmane est elle une denrée marchande pour certains au profit d’autres ? La crise économique bouleverse t-elle la donne ?les parents ont –ils démissionné de leur poste d’éducateur au profit de la mendicité ? voilà des relances récurrentes auquel l’ONG AISER n’a pas encore trouvé de réponses nouvelles.
Dans son témoignage qu’une policière nous a traduit, Ousmane nous confie en peulh qu’il assure toutes ses dépenses sauf s’il est malade comme les autres talibés. Chaque jour ces derniers s’entassent dans une chambre où ils n’ont droit qu’a une natte. Malgré les conditions de prise en charge difficile voire incroyable, Ousmane dont la voix se fait à peine entendre confie de peur de choquer son bienfaiteur rêve de devenir marabout comme son thierno , pour transmettre la connaissance islamique, peut être dans un conteste plus respectueux des droits humains ?.
Plutôt que de mendier il souhaite avoir le droit de jouer et d’avoir une vie normale comme tous les enfants de son âge. Un combat qui s’inscrit dans la mouvance d’intervention de l’ONG AISDER ( Aide et Insertion des enfants de la Rue » dont le slogan est « un enfant, un avenir », une ONG qui grace à des dons vient de célébrer pour la quatrième année consécutive, la journée de l’enfant africain tenue le 16 juin dernier.
Cet ONG qui a célébré les festivités marquantes la journée de l’enfant africain du 13au 16 juin dernier a fait des collectes de chaussure pour la journée commémorative de la journée de l’enfant africain. Selon la présidente de l’AISER Tabara M’bodj surnommée « mère Téreza » par ses intimes l’heure aux actions urgentes en faveur des enfants de la rue et ceux en situation difficile , privilégiant une option course contre la montre, elle estime qu’il est temps d’agir à travers une mobilisation, afin de « concrétiser les actions concrètes en faveur des Enfants en situation difficiles. »
Des enfants talibés lors de la journée du 16 juin dernier
Le constat qui ressort de la festivité du 16 juin est qu’en dépit des efforts multiformes en faveur de la prise ne charge des enfants de la rue, le phénomène de la mendicité s’accroit et que ces enfants sont exposés à des risques variés dont l’autopsie doit se faire pour un meilleure impact des actions de sensibilisation conçues dans le cadre de cette lutte pour la promotion du droit des enfants. Un tableau réaliste dont Hawa Adama Diallo Vice Présidente de la CUN (Communauté Urbaine de Nouakchott) se fait l’écho dans une allocation faite sur la situation des enfants de la rue « j’en appelle au sens de la responsabilité, pour œuvrer ensemble, à l’amélioration de la condition des enfants vivant dans nos villes ».
Les uns appellent à la fin de la mendicité pour une meilleure dignité de ces enfants, les autres à la mise de politique anti pauvreté afin que ces enfants n’aient plus la tentation de mendier dans les rues de la RIM par ce que les parents n’ayant pas les moyens de les prendre en charge économiquement.
Awa Seydou Traoré
Source : Mauritanies1 via RFI