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La brigade des douanes de Richard-Toll réclame davantage de moyens

mercredi 4 juillet 2012


La brigade mobile des douanes de Richard-Toll, dans le département de Dagana (nord), doit être dotée de davantage de moyens matériels et humains pour que ses agents puissent combattre plus efficacement la fraude qui se nourrit dans cette commune de la proximité avec la Mauritanie, a plaidé le sous-lieutenant Serigne Kosso Niang, chef de ladite brigade.
"Le problème d’éléments fait défaut à la brigade car il n’y a que quatre agents pour surveiller tout Richard-Toll, mais aussi de matériel, puisque nous n’avons qu’un seul véhicule pour faire le travail", a dit le sous-lieutenant Serigne Kosso Niang dans un entretien avec l’APS.

"Si on renforce les moyens matériel et humain, je pense qu’on pourra arriver à diminuer le phénomène de la fraude dans cette zone", a-t-il indiqué.

Selon lui, "la ville de Richard-Toll fait partie des grandes villes du nord avec une forte démographie" liée à une population de plus de 70.000 habitants. "Donc, pour combattre la fraude, il faut renforcer les effectifs" de la douane, a-t-il dit, relevant cependant que la gendarmerie et la police des frontières viennent le cas échéant en appui aux actions des douaniers.

Il a dit que ce "manque d’effectif a conduit le directeur régional des douanes à autoriser les brigades mobiles qui sont dans des régions comme Saint-Louis, Louga, Kébémer à venir à Richard-Toll pour nous appuyer".

Le rôle de la douane, a-t-il rappelé, "c’est de protéger le tissu industriel du pays". M. Niang a rappelé qu’à Richard-Toll, par exemple, même avec la présence de la Compagnie sucrière sénégalaise (CSS), il est à, signaler "une forte présence du sucre mauritanien qui est frauduleusement introduit en territoire sénégalais".

L’ampleur de la fraude à Rochard-Toll s’explique par la "proximité avec la Mauritanie", qui fait que les fraudeurs peuvent "à tout instant" y débarquer leurs marchandises.

"Il est un peu difficile aujourd’hui de saisir la fraude. Avec les téléphones portables, nos moindres déplacements sont repérés et les fraudeurs sont aussitôt informés", a-t-il regretté.

Les côtes sont certes surveillés par les services des douanes, "mais si les fraudeurs nous perçoivent, ils retournent immédiatement en terre mauritanienne et là, il nous est difficile de les poursuivre pour éviter des incidences diplomatiques", a-t-il précisé.

Le chef de la brigade de Richard-Toll a encore expliqué que les fraudeurs sont "organisé en équipes (et) quand ils veulent sortir une marchandise, il y a certains qui sont placés pour guetter l’arrivée ou le déplacement des douaniers pour informer ceux qui sont de l’autre côté du moment opportun pour accoster".

Plusieurs villages situés le long du fleuve, en territoire mauritanien, constituent en fait des dépôts de marchandises de fraude constituées de sucre, de tomate, d’huile, de biscuits, de farine etc., a indiqué Serigne Kosso Niang.

"Dans cette ville, une grande partie de la population s’adonne à des activités de fraude. Il est donc extrêmement difficile pour la douane de freiner ce fléau mais des efforts sont en train d’être faits parce que la brigade de Richard-Toll n’existait pas et cela fait deux ans qu’elle a été créée", a-t-il souligné.

Selon un état mensuel datant du mois de mai, la valeur marchande des saisines opérées par la brigade mobile de Richard-Toll tourne autour de 12.000.000 francs CFA.

Source : APS (Sénégal)