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La Mauritanie renforce sa sécurité par crainte des retombées de la crise malienne
samedi 16 février 2013
Dans le cadre d’une stratégie nationale de sécurité à grande échelle, la Mauritanie accueillera des exercices militaires interarmées.
La Mauritanie va accueillir, la semaine prochaine, des exercices militaires internationaux qui réuniront 19 pays européens et africains.
Cette initiative, qui comprend les pays membres de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), entre dans le cadre de la stratégie sécuritaire renforcée qui a été mise en oeuvre pour répondre à la crise en cours dans le Mali voisin.
"Les exercices qui débuteront le lundi 18 février bénéficieront à l’état mauritanien en améliorant les performances de l’armée", a déclaré lundi à Assaba le colonel Tayeb Ould Ibrahim.
Autre décision prise en faveur du renforcement de la sécurité, l’ouverture, la semaine dernière, de services de la Gendarmerie Nationale dans l’est et dans le centre du pays. Des bataillons et des centres de commandement couvriront désormais Brakna, Tagant, Gorgol et Guidimaka, Hodh Ech Chargui, Hodh El Gharbi et Assaba.
Cette lourde présence militaire oeuvrera sur les zones intérieures touchées, ces dernières années, par de graves incidents terroristes, dont les enlèvements et les meurtres d’agents de la sécurité mauritaniens et d’occidentaux.
Ces nouvelles mesures de sécurité englobent plus des deux tiers du territoire de la Mauritanie, et en particulier des périmètres à haut risque, limitrophes aux sites occupés par les groupes terroristes armés.
"Cette démarche est adoptée suite aux années durant lesquelles les terroristes sont parvenus à frapper des cibles au coeur du territoire mauritanien, en tirant profit du manque de sécurité qui régnait hors de la capitale", dit à Magharebia le journaliste Mohamed Ould Zein.
"Aujourd’hui, le gouvernement du pays a réalisé la nécessité de changer cette politique et il a renforcé la présence sécuritaire dans les provinces reculées qui sont visées par les terroristes", ajoute-t-il.
Cette démarche coïncide avec les efforts internationaux livrés pour consolider la stabilité au Mali.
L’intervention au Mali menée par les forces africaines et françaises arrive au moment où "le monde appelle à combattre les extrémistes islamistes qui menacent le Sahel", déclare Moussa Mega, un journaliste, à Magharebia.
"Les Maliens doivent maintenant réaliser qu’ils représentent un fer de lance face aux groupes terroristes, qui sont dangereux pour la sécurité des pays avoisinants et pour le reste du monde. Il est donc impératif qu’ils renforcent leur front interne pour affronter cette menace".
La situation dans le nord du Mali reste explosive après l’escalade des frappes aériennes et des combats terrestres. En réponse aux lourdes pertes subies par les guerriers islamistes, le Mouvement pour l’Unité et le Jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO) a tenté d’avoir recours aux attentats suicides contre les troupes maliennes et françaises.
Les groupes armés ont promis de se livrer à des représailles dans toute la région.
Les craintes concernant de nouveaux attentats éventuels sont élevées suite à l’appel émis par al-Qaida dans la Péninsule Arabique (AQPA) en faveur de la guerre sainte, rapporte l’AFP.
Les autorités mauritaniennes ont pris en compte ces menaces, resserrant la sécurité autour de certaines ambassades étrangères à Nouakchott ainsi qu’autour des bâtiments qui accueillent les bureaux de l’Union Européenne.
Le commandant des forces africaines au Mali, le général Shehu Abdulkadir, a également souligné que les troupes françaises, africaines et maliennes préparaient une opération dont l’objectif est de libérer les sept otages français détenus par les groupes terroristes dans les montagnes de l’Ifoghas.
Source : Magharebia