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La Mauritanie, nouvel allié pour le Mali ?
jeudi 19 avril 2012
LA situation empire au Mali. Face aux violences qui ne cessent de s’amplifier, le gouvernement du nouveau président par intérim, Dioncounda Traoré, a demandé aux pays limitrophes, notamment la Mauritanie, de les aider à contenir l’avancée rebelle. Ainsi, un émissaire malien a appelé dimanche dernier à Nouakchott les Mauritaniens à leur fournir des interlocuteurs afin d’engager un dialogue solide avec les représentants du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA), présents sur place.
Déterminer un terrain d’entente avec le chef du MNLA, Mohamed ag Najim, ne constitue en fait que le premier objectif d’une importante stratégie mise en place par Bamako pour faire reculer la menace rebelle. En effet, l’Etat malien souhaite également isoler le groupe islamiste Ançar Eddine en l’éloignant à tout prix d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), son principal allié. D’autre part, il est aussi question de négocier avec les islamistes en question. D’autant plus que le groupe extrémiste a affirmé ne pas être opposé à des négociations ou encore à la mise en place de couloirs humanitaires, à condition cependant que les aides en question ne soient pas d’origine occidentale. Ainsi, l’organisation islamiste a déjà libéré il y a quelques jours près de 160 militaires maliens. Autre but visé par Bamako et non des moindres, chasser les forces d’Aqmi des villes de Tombouctou, Gao ou encore Kidal.
La Mauritanie pourrait accepter de collaborer avec Bamako pour bon nombre de raisons. Tout d’abord, Nouakchott craint que le chaos qui sévit actuellement au Mali ne fasse du pays un nouvel Afghanistan. Par ailleurs, les Mauritaniens veulent éviter que les combats entre rebelles dépassent les frontières de leur pays. En effet, des attaques ont déjà été menées en Mauritanie par le nouveau dirigeant de la ville de Tombouctou, un Algérien membre d’Aqmi.
Mais la Mauritanie n’acceptera pas de se rallier à l’armée malienne sans un soutien de la communauté internationale. C’est en tout cas ce qu’a déclaré le président Abdel Aziz, redoutant notamment d’affronter une armée islamiste de plus en plus nombreuse contrôlant désormais près de 65% du territoire malien et massivement fournie en armes par la Libye.
Karim AGOUMI
Source : le quotidien marocain l’Economiste