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La Mauritanie lance un programme anti-corruption
lundi 13 février 2012
Un nouveau programme destiné à lutter contre la corruption en Mauritanie montre que le gouvernement prend les réformes au sérieux, expliquent les jeunes militants.
Dans le cadre des efforts de lutte contre la corruption et la fraude, la Mauritanie vient de mettre en place un nouveau système de passation de marchés publics.
"Cette mesure vient en réponse aux demandes faites par les jeunes Mauritaniens en faveur de réformes économiques", a déclaré Abdelahy Ould Beya, militant du Mouvement des jeunes du 25 février et président du conseil national du Parti pour l’unité et le développement, à propos du nouveau système présenté le 2 février à Nouakchott.
"Mais il est plus important que ce système soit mis en oeuvre sur le terrain et ne reste pas seulement de l’encre sur du papier", a-t-il déclaré, ajoutant que les revendications pour l’emploi, "le report des transactions d’appels d’offres au parlement et l’annulation des accords injustes doivent également être satisfaites".
"Les jeunes Mauritaniens continueront à faire valoir leurs revendications de manière civilisée, pour réaliser des acquis qui serviront la démocratie", a-t-il ajouté.
Le ministre mauritanien de l’Economie Sidi Ould Tah a également supervisé le lancement de ce nouveau système d’appels d’offres publiques dans le pays. Ces nouvelles structures répondent à la demande de transparence, a déclaré Ould Tah. Le ministre a souligné que l’adjudication de marchés publics était un domaine soumis au risque de corruption et que des lois étaient nécessaires pour séparer les pouvoirs.
"C’est un jour historique de réforme au pays de Chinguetti", a ajouté le ministre, précisant que la nouvelle procédure d’adjudication était "l’une des missions du gouvernement ces dernières années visant à consolider le système de la transparence en concluant et en contrôlant la passation de marchés publics par la séparation des pouvoirs de conclusion, de contrôle et d’organisation".
Selon lui, ce nouveau système représente un immense saut dans l’histoire de la Mauritanie, parce qu’il surclasse les systèmes publics similaires mis en place dans d’autres pays.
Ce nouveau système prévoit en effet sept formules de passation de marchés publics, une commission de contrôle des appels d’offres, et une autorité de régulation composée de représentants du secteur privé, de la société civile et de l’administration.
Ould Tah a ajouté que cette réforme permettra à la Mauritanie de renforcer "ses capacités en accélérant l’exécution des projets, répondant ainsi aux aspirations et aux ambitions des citoyens en matière de services de base et de divers aspects de la vie économique".
Issa Ould Yedaly, président du comité pour les médias électroniques au sein de l’Union pour la République, le parti au pouvoir, a expliqué à Magharebia que ce nouveau système économique s’inscrivait dans le cadre du programme électoral du Président en 2009. Il a précisé que deux ans avaient été nécessaires pour mettre en oeuvre ce programme avec les partenaires internationaux.
"Nous avons fait valoir que les chefs d’entreprises ne devaient ni être exclus des appels d’offres publiques ni être retenus pour leurs positions politiques", a-t-il ajouté.
Prenant pour exemple l’un des succès de ce programme, il a cité la transaction al-Masar, dont il a dit qu’elle était l’une des plus grosses passations de marché public de la fin de l’année 2011.
"Le plus gros investisseur était Md Nweged, homme d’affaires et principal financier du leader de l’opposition lors des dernières élections. Cela illustre le sérieux dans la mise en oeuvre de ce système économique civil, qui créera une juste division des transations de marchés publics", a-t-il ajouté.
Sidha Ould Ahmed, expert financier et directeur d’un site web financier et d’affaires, a pour sa part expliqué à Magharebia que ce nouveau système était le résultat des demandes politiques en faveur de la réforme, mais que dans certains de ses aspects, il manquait de garanties réelles pour sa mise en oeuvre au vu des difficultés dans le climat économique.
Il a toutefois ajouté que ce système constitue une bonne initiative pour les acteurs économiques, garantit la libre concurrence et encourage les investisseurs locaux et étrangers. Moyennant quelques améliorations, il estime que ce système pourrait déboucher sur de meilleures conditions économiques, une plus grande transparence et plus forte crédibilité dans le discours gouvernemental sur la lutte contre la corruption.
Source : Magharebia