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L’administration…encore mise en cause

mardi 21 février 2012


Le gouvernement (se) cherche encore une excuse pour justifier ses contreperformances. C’est en tout cas, ce qui se raconte dans les bureaux, les salons, les taxis, et la rue, après le « sermon » du mercredi dernier (le Conseil des ministres) au cours duquel le président Ould Abdel Aziz a demandé à ce qu’un peu d’ordre soit remis dans ce foutoir de m… qu’on appelle l’administration. Et dès les premières heures de la journée du jeudi, tous les « ministrés » de la République se sont mis à la tâche : visites inopinées ou de travail dans les directions et services dépendant de leur tutelle pour relayer l’ordre présidentiel. Il faut être au travail à l’heure et, surtout, y rester jusqu’à la fin de la journée (16 heures sonnantes). D’accord, dit un journaliste de Radio Mauritanie, qui ne s’empêche pas, pourtant, de faire la remarque suivante : Dans cette institution, il y a quelque 600 employés, dont seule une centaine est régulièrement sur les lieux ! Comment fera-t-on si tout le monde est obligé maintenant d’être là ? Il faudra penser à une extension de l’immeuble de Radio Mauritanie, à augmenter le nombre de sièges – et de sandwichs aussi au niveau de la buvette – Des dépenses « budgétaires » en plus sans effets positifs garantis !

Au lieu de demander à tout le monde d’être à l’heure, sur les lieux de travail, il faut d’abord s’assurer que les agents et fonctionnaires qui ont été recrutés au cours des trois dernières décennies, ont bien des tâches précises à accomplir. Autrement, répondre à la question « qui fait quoi » dans cette administration qui, dans la recherche effrénée d’un bouc émissaire pour les disfonctionnements du pouvoir, prend la place des « accumulations » souvent évoquées pour dire que tout est la faute de Taya. Et, oui, ça fait maintenant plus de cinq ans que Taya n’est plus là et la « référence » à son époque est en train de perdre de sa force persuasive. Même celle qu’on fait aussi – par ricochet - aux quinze mois de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi n’emballe plus les esprits, tant les contreperformances du gouvernement du Premier ministre Moulay Ould Mohamed Laghdaf sont prégnantes.

Il faut reconnaître, cependant, que les récriminations du président Aziz peuvent bien servir à quelque chose. Le gouvernement doit se remuer, sinon rien n’oblige plus le raïs à le maintenir encore. Car, à partir de maintenant, on ne regarde plus l’avant mais l’après. Plus des conditions de l’élection d’Aziz, de son programme « initial » (gazra, goudrons, lutte contre la gabegie et autres eau et électricité) mais de ce qu’il propose aux mauritaniens « d’efficace » au cours des deux prochaines années. Avant qu’il ne remette son mandat au verdict des urnes.

Et avec une opposition de plus en plus dynamique, et requinquée par l’arrivée en son sein de partis et de personnalités qui avaient soutenu Aziz, le pouvoir sait pertinemment qu’il n’a plus droit à l’erreur. Les formules magiques, genre « hak saken » n’ont plus d’effets aujourd’hui. C’est la méthode bulldozer, « ça passe ou ça casse ».

Sneiba Mohamed
http://sneibamohamed.over-blog.com