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L’UE soutient la Mauritanie sur la sécurité au Sahel

vendredi 2 mars 2012


Des responsables de l’Union européenne ont laissé entendre qu’ils pourraient renforcer l’aide à la sécurité accordée à la Mauritanie au vu de l’instabilité croissante au Sahel.

Plusieurs membres du parlement européen se sont rendus le mois dernier à Nouakchott pour y parler de la sécurité au Sahel, dans le contexte de la rébellion touareg et des attaques d’al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI).

Lors de cette visite organisée du 20 au 23 février, qui s’inscrivait dans le cadre d’une vaste tournée au Maghreb, ces parlementaires ont rencontré le Président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz et d’autres responsables.

"Notre rencontre avec le Président de la République nous a permis de passer en revue les questions de l’heure comme la question de la sécurité au Sahel et la contribution que l’Union européenne peut apporter dans ce domaine", a déclaré Pier Antonio Panzeri, chef de cette mission et président du comité des relations avec le Maghreb au parlement européen.

Selon lui, la délégation "a passé en revue avec le chef de l’Etat mauritanien les efforts déployés par la Mauritanie au sujet de la sécurité au Sahel, ainsi la question de l’intégration régionale qui jouit, elle aussi, d’un intérêt particulier, et les moyens d’impulser le développement économique et social dans la région."

Dans un récent entretien accordé au quotidien Le Monde, le Président Ould Abdel Aziz a déclaré que le nord du Mali "a été pratiquement abandonné et laissé ouvert au terrorisme. C’est à partir de là que les terroristes lancent leurs opérations et obtiennent le paiement des rançons qui leur permet de se financer."

"Les groupes terroristes ont également forgé des liens avec l’une des rébellions touaregs dans le nord du Mali, celle dirigée par Iyad Ag Ghali", a indiqué le chef de l’Etat au quotidien français. "Iyad Ag Ghali, ancien diplomate malien, a même servi d’émissaire pour le paiement de rançons pour les otages d’AQMI."

Quarante-huit heures seulement après cette déclaration, AQMI a menacé d’exécuter le gendarme mauritanien qu’elle détient en otage.

Les parlementaires européens ont salué les efforts de la Mauritanie dans sa lutte contre le terrorisme dans la région. Lors de la conférence de presse organisée à l’issue de cette visite, Hans-Georg Gerstenlauer, le chef de la délégation de l’UE en Mauritanie, a déclaré que le terrorisme est "une préoccupation commune et la Mauritanie bénéficiera de tout notre soutien".

"Nous encourageons la coopération régionale dans le domaine de la lutte contre le terrorisme et nous avons défini une stratégie pour la sécurité au Sahel. Cette stratégie comprend un volet sécurité et un volet développement", a ajouté l’ambassadeur.

"L’Union européenne a débloqué une enveloppe de 150 millions d’euros pour la sécurité des pays du Sahel, et nous réfléchissons à une augmentation de la part de la Mauritanie", a-t-il précisé.

Concernant la situation au Mali, l’ambassadeur européen a affirmé : "C’est une grande préoccupation sur les plans humanitaire et sécuritaire. Pour nous, cette confrontation accroît l’insécurité dans la région. C’est une menace sérieuse pour la paix qui a des conséquences pour tous les pays de la région."

L’économiste Sidi Ould Maham a souligné que l’UE est l’un des principaux partenaires économiques et stratégiques de la Mauritanie. "L’engagement de la Mauritanie dans la lutte contre al-Qaida au Maghreb islamique a été salué par plusieurs pays européens, notamment l’Espagne et la France", a-t-il ajouté.

"La coopération entre la Mauritanie et l’Union européenne est vieille de plus de cinquante ans, remontant à 1958, illustrée plus tard à travers plusieurs programmes, en particulier les financements du Fonds européen de développement, puis par la mise en œuvre des accords de pêche", a-t-il ajouté.

"Depuis les années 1980, la Mauritanie a bénéficié de plus de 335 millions d’euros d’aide provenant de la Communauté européenne, qui est le deuxième bailleur de fonds dans les projets de développement après la Banque mondiale", a relevé cet économiste.

Source : Magharebia.com