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L’Algérie et la Mauritanie coupent la chaîne d’approvisionnement d’AQMI

samedi 14 janvier 2012


Une récente enquête sur une série de vols de voitures a permis aux agences de sécurité algériennes et mauritaniennes de couper une chaîne d’approvisionnement en véhicules 4x4 des terroristes au Sahel.

L’affaire avait débuté le mois dernier, lorsque les autorités algériennes à Tamanrasset avaient interrogé quatre hommes sur des vols de voitures appartenant à des compagnies pétrolières et à d’autres entreprises dans les régions d’Illizi, d’Ouargla, de Ghardaïa et de Tamanrasset.

Ces suspects avaient reconnu avoir volé au moins seize véhicules dans le désert du nord du Mali, avait indiqué le quotidien algérien El Khabar dans son édition du 31 décembre.

Ce qui rend cette affaire différente est que les quatre voleurs présumés étaient également chargés d’apporter un soutien aux groupes terroristes.

"Il ne fait aucun doute que les organisations terroristes bénéficient du manque de contrôle sur les ventes et la circulation des véhicules en Mauritanie", a déclaré à Magharebia une source proche de la sécurité mauritanienne basée à Kiffa, sous couvert de l’anonymat.

"N’importe quelle voiture peut être transformée en pièces détachées et transportée à la frontière pour y être vendue sur le marché noir, où les éléments d’al-Qaida en profitent", a expliqué cette source.

Le journaliste Sid Lehsen Ould Lmrabt reconnaît que les pièces détachées peuvent être récupérées dans les villes frontalières et vendues à "des inconnus".

Ces transactions étant effectuées sous la table, poursuit-il, ces pièces peuvent facilement parvenir entre les mains d’organisations armées.

Selon l’un des suspects arrêtés dans le sud de l’Algérie, un véhicule Toyota en général est très prisé sur le marché noir de Tombouctou, et un Toyota FG 55 l’est encore plus.

Aucun véhicule 4x4 ne part pour moins de 40 000 euros, aurait indiqué ce natif d’Illizi, âgé de 33 ans, aux enquêteurs.

Mais ces véhicules volés ne sont qu’une partie du problème, déclare Hamadi Ould Dah, spécialiste du terrorisme. Le commerce clandestin des pièces de rechange peut également aider les groupes extrémistes dans la région du Sahel-Sahara.

"Les véhicules sont vendus et démontés sur le marché noir sans aucun contrôle de sécurité, une absence qui pourrait avoir de graves conséquences, dans la mesure où ces véhicules ou ces pièces peuvent parvenir aux terroristes", dit-il.

Comme le souligne le journaliste Rajel Ould Oumar : "Le commerce des pièces détachées est en plein essor dans la région".

"Les habitants locaux ne traitent ni avec al-Qaida ni avec les organisations terroristes de soutien, mais ils vendent souvent des pièces détachés à des courtiers d’al-Qaida, ce qui fait qu’au final, elles tombent entre les mains de l’organisation", a-t-il expliqué à Magharebia à Nema.

Au cours de l’année dernière, deux personnes ont été tuées par des mines alors qu’elles recherchaient des pièces détachées de voiture, et plusieurs autres ont été blessées, a ajouté Ould Oumar.

Source : Magharebia