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Envoi de forces au Nord Mali : Le Sénégal, la Mauritanie et le Ghana disent non
jeudi 20 septembre 2012
Le Sénégal, la Mauritanie, le Ghana ne seraient pas disposés à envoyer des troupes au Mali. C’est du moins ce qu’ont laissé entendre les chefs d’Etat de ces pays.
Les pays africains ne sont pas nombreux à répondre à l’appel pour l’envoi de soldats pour la libération du nord du Mali. C’est l’une des révélations de la réunion d’Abidjan du lundi. Les présidents sénégalais et mauritaniens, qui avaient exprimé à Nouakchott lors de la visite de Macky Sall leurs profondes préoccupations face au drame que vit le Mali ont finalement fait savoir qu’ils n’enverraient pas de troupes. Pourtant la Mauritanie serait un partenaire solide du Mali dans la lutte contre les islamistes pour avoir mené en 2010 et 2011 plusieurs raids contre des bases d’Aqmi et ce jusqu’à quelques kilomètres de Tombouctou notamment à Ber.
Autre pays, jadis ami inséparable du Mali, le Ghana, a également décliné sa participation militaire. Seul notre voisin du Sud-est, le Burkina Faso, semble être disponible. « L’heure n’est plus aux tergiversations, mais à l’action concertée. Il faut agir face à l’inacceptable et face aux criminels de toutes sortes qui occupent le Nord du Mali« , a déclaré le président de la Commission de la Cédéao, Kadré Désiré Ouédraogo à la sortie de la réunion d’Abidjan.
Pourquoi des pays de la Cédéao rechignent-ils à envoyer des troupes au Mali ? C’est la question fondamentale que nombre d’observateurs se posent en ce moment. Selon certains analystes, si le refus de la Mauritanie et du Sénégal et éventuellement du Nigeria, peuvent s’expliquer par le fait que ces pays font face à des situations de crises internes liées justement à des rebellions (guerre en Casamance pour le Sénégal et menace d’Aqmi pour la Mauritanie et Boko Haram au Nigeria), le refus de pays comme le Ghana est mal compris. Mais le Ghana a assurément ses raisons. L’une de ces raisons serait de ne pas s’exposer aux menaces des islamistes, pensent certains. Les islamistes d’Aqmi, par la voix de leur chef, avaient menacé de s’en prendre à tout pays qui risquerait d’envoyer des troupes au Mali.
Denis Koné
Source : Les Echos