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Égypte : le Frère musulman Mohamed Morsi élu président

dimanche 24 juin 2012


L’Egypte était suspendue à l’annonce du résultat. Le Frère musulman Mohamed Morsi a finalement été déclaré vainqueur de la présidentielle égyptienne, dimanche 24 juin par le président de la commission électorale, Farouk Soltan. M. Morsi a obtenu plus de treize millions de voix contre plus de douze millions à son rival Ahmad Chafiq, ancien premier ministre de Hosni Moubarak. Rapidement, des explosions de joie se sont fait entendre place Tahir.
Peu avant l’annonce des résultats, les militaires au pouvoir étaient en alerte. Les deux rivaux s’étaient déjà proclamés vainqueurs et avaient déposé des recours l’un à l’encontre de l’autre. Les partisans de Mohamed Morsi pourraient réagir avec colère si la victoire est attribuée à Ahmed Chafik. Samedi, les deux candidats avaient mobilisé leurs troupes sur deux places différentes de la capitale, dans une dernière démonstration de force avant le verdict de la commission électorale.

Peu de soldats étaient visibles dans les rues dimanche mais les autorités ont affirmé avoir mis en place de mesures de sécurité exceptionnelles pour prévenir des violences post-électorales. Des véhicules blindés sont stationnés dans la capitale au siège de la commission électorale et devant le bureau d’information du gouvernement où doit se tenir une conférence de presse pour commenter ce résultat historique au Proche-Orient. Et les fonctionnaires travaillant autour de la place Tahrir au Caire où sont rassemblés plusieurs milliers de partisans des Frères musulmans, ont été encouragés à rentrer chez eux.

RÔLE DE L’ARMÉE

Les Frères se dépeignent comme un mouvement moderne, prêt à travailler avec d’autres et désireux de respecter les traités signés par ses prédécesseurs. Certains de leurs partisans citent l’exemple de la Turquie, où la démocratie fait peu à peu son chemin.

Mohamed Morsi sera donc le premier dirigeant islamiste à la tête du pays le plus peuplé du monde arabe. Mais sa marge de manoeuvre sera des plus limitées. A la suite de la dissolution sur décision de justice de la chambre des députés dominée par les islamistes, l’armée s’est en effet octroyée le pouvoir législatif et un droit de contrôle sur l’élaboration de la prochaine Constitution.

Elle a toutefois promis de remettre le pouvoir au nouveau président avant le 30 juin. La confrérie a vivement critiqué les dispositions constitutionnelles prises par l’armée et qui permettront aux militaires de rester un acteur central.

LeMonde