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Dissolution d’un groupuscule islamiste accusé de préparer à la « lutte armée »

mardi 24 janvier 2012


Dissolution d’un groupuscule islamiste accusé de préparer à la « lutte armée »
Le ministre de l’Intérieur Claude Guéant a annoncé avoir dissous « Forsane Alizza », soupçonné de fomenter des actions violentes. Le ministre a également annoncé l’expulsion d’un imam radical.

Claude Guéant a lancé lundi un message de fermeté à l’islam radical, annonçant l’expulsion d’un imam accusé d’avoir appelé à « fouetter à mort » les femmes adultères et la dissolution d’un groupuscule qui a mené des actions contre la loi sur le voile intégral.

Une commission des expulsions se prononcera le 7 février sur l’imam tunisien Mohammed Hammami, officiant rue Jean-Pierre Timbaud, à Paris, dans le XIe arrondissement, haut lieu de la mouvance tabligh (transmission du message coranique).

Le religieux, un septuagénaire en France depuis des décennies, a été accusé par Claude Guéant d’avoir tenu « des propos violemment antisémites » ou d’avoir appelé « à fouetter, "à mort", la femme adultère ». En dix ans, 34 imams ont été expulsés sur un total de 146 islamistes éloignés de France.

Le ministre de l’Intérieur a également annoncé lundi la dissolution d’un groupuscule islamiste, Forsane Alizza, jugeant « insupportable que dans notre pays un groupement forme des personnes à la lutte armée ».

Contacté par l’AFP au téléphone, Mohammed Achamlane, un porte-parole de Forsane Alizza, « Les Cavaliers de la fierté », a immédiatement réfuté toute dimension violente de son mouvement, jugeant que les propos du ministre relevaient de « la pure calomnie » et « de la diffamation ».

Mohammed Achamlane, qui vit en Loire-Atlantique, a confirmé avoir reçu ce week-end un courrier lui annonçant la décision du ministère de l’Intérieur de dissoudre son mouvement et lui demandant une réponse sous dix jours.

« Il est insupportable que dans notre pays, un groupement forme des personnes à la lutte armée, je dis bien à la lutte armée, pour toute éventualité terroriste contestataire qui pourrait se présenter », s’est indigné Claude Guéant en marge d’un déplacement à Mantes-la-Jolie.

Fondé en 2010, Forsane Alizza anime un site internet sur lequel il diffuse régulièrement des vidéos. Selon des sources policières, ses militants sont une poignée. Mohammed Achamlane en revendique « plusieurs centaines ».
« Soldats »

Ses membres ont fait parler d’eux à plusieurs reprises. En juillet 2010, visages dissimulés, ils avaient exhorté les passants à ne plus aller au McDonald’s, accusant l’enseigne de restauration rapide d’être au service d’Israël. Cette action avait valu en septembre une peine de prison avec sursis à Mohammed Achamlane, qui se fait appeler Abou Hamza, reconnu coupable d’avoir relayé la scène dans des vidéos sur le net.

Il avait également été condamné pour avoir appelé à brûler le code pénal dont « pas une ligne ne protège les musulmans ». Il n’avait pas assisté à l’audience, la quittant avant le début aux cris d’« Allah Akbar ».

Il y a quelques mois, ils avaient prétendu avoir brûlé un exemplaire du Code pénal à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) pour protester contre la loi sur le voile intégral.

Mohammed Achamlane, porte-parole de Forsane Alizza, un groupuscule islamiste, le 21 novembre 2011 à Nantes (Photo Frank Perry. AFP)

Sur le site de Forsane Alizza, le dernier message est titré « Recrutement Forsane Alizza ». « Notre organisation prend de l’ampleur et nous avons besoin de main d’oeuvre fissabililah (ndlr : "sur le chemin d’Allah"). Nous recherchons toutes sortes de compétences mais surtout des soldats ! », peut-on lire. « Donc si vous appréciez les sports de combat et êtes capables d’intervenir rapidement lorsque l’on vous sollicitera alors votre profil nous correspond, inchaalah (ndlr : si Dieu le veut) ».

M. Achamlane a réfuté toute dimension militaire à l’usage du terme « soldat » : « Le mot soldat est utilisé aussi chez les chanteurs. Cela ne veut pas dire forcément soldat armé en tenue militaire. »

(AFP)