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Des otages évacués de Tombouctou juste avant la libération

samedi 9 février 2013


Des otages détenus par les rebelles islamistes au Mali ont été évacués de Tombouctou juste avant la libération de la ville par les forces franco-maliennes, disent des habitants de la ville.

Les rebelles détiennent au Sahel au moins sept Français, un Suédois, un Néerlandais et un Sud-Africain.

Tombée aux mains des islamistes dix mois auparavant, Tombouctou a été repris le 28 janvier après plusieurs jours de bombardements de la part de l’aviation française.

Selon des habitants de la grande ville du nord, inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, les otages ont été détenus dans une maison appartenant à Abou Zeid, l’un des chefs les plus redoutés d’Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), responsable impitoyable de l’application de la charia dans la région.

"Dans les derniers jours, les otages se trouvaient dans cette maison avec Abou Zeid", affirme Diadé Hamadoun Maïga, numéro deux du comité de crise créé pour faire le lien entre la population et les dirigeants islamistes durant l’occupation.

Deux autres témoins ont confirmé que plusieurs personnes de type occidental ont été gardées dans cette maison, un bâtiment beige au toit plat entouré d’un grand terrain ceint d’un mur dans le quartier d’Abaradjou.

Ces témoignages contrastent fortement avec l’hypothèse communément admise selon laquelle les otages se trouvent depuis longtemps dans les zones montagneuses du Nord-Mali, près de la frontière algérienne.

"SEPT HOMMES BLANCS LES YEUX BANDÉS"

"Au deuxième jour des bombardements français, (les rebelles) ont sorti de la maison sept hommes blancs qui avaient les yeux bandés", a raconté un habitant de Tombouctou, qui a souhaité garder l’anonymat.

Un autre résident a dit qu’il se trouvait à 30 mètres de là avec quelques amis, quand les otages ont été hissés à bord d’un véhicule de transport de troupes qui a quitté les lieux, suivi par un 4x4.

Citant son propre réseau d’informateurs, Hamadoun Maïga souligne que les otages ont été souvent transférés d’une maison à une autre avant leur évacuation.

Le ministère français des Affaires étrangères s’est refusé à tout commentaire, mais un officier français présent au Mali a dit avoir eu connaissance de récits semblables.

Le colonel Keba Sangaré, commandant des forces maliennes à Tombouctou, a confirmé sans plus de détails que les services de sécurité maliens et français avaient effectué une perquisition au domicile d’Abou Zeid.

Ce dernier, émir des zones sud contrôlées par Aqmi, est considéré comme l’un des chefs les plus cruels de l’organisation. On lui attribue deux exécutions, celle du Britannique Edwin Dyer en 2009 et celle en 2010 du Français Michel Germaneau, qui avait 78 ans.

Robert Fowler, un diplomate canadien qui fut otage au Sahara, a raconté comment Abou Zeid avait refusé de fournir des médicaments à deux otages souffrant de dysenterie, dont l’un avait été piqué par un scorpion.

Pascal Liétout pour le service français, édité par Gilles Trequesser

(Reuters)