Accueil > Actualités > A la Une > Coopération médicale. Du stimulant en Mauritanie
Coopération médicale. Du stimulant en Mauritanie
dimanche 10 juin 2012
La géopolitique a suspendu l’action de l’association Vivre à Toujounine, en Mauritanie. Mais Coumba Sy, une femme qui en a vu d’autres, est venue à Plouédern pour recréer les liens avec son projet d’ouverture de poste de santé à Nouakchott.
Enlèvements d’humanitaires par les terroristes d’Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb islamique), crise politique au Nord-Mali limitrophe : depuis deux-trois ans, la Mauritanie n’est pas la destination la plus sûre du Monde. « On ne peut plus y aller. Sinon sans assurance », regrette PatrickDubeau, président de Vivre à Toujounine. Pour autant, l’envie d’y retourner existe toujours. Et Coumba Sy l’a ravivée.
Établissement polyvalent
De ses bagages, posés cette semaine au domicile plouédernéen du docteur landernéen Patrick Dubeau, la Mauritanienne, fraîchement retraitée de son poste de coordinatrice à l’association Terre des Hommes, a sorti des plans motivants. Ceux du poste de santé que le groupe d’entraide pour les femmes-initiatives féminines (Gafif) qu’elle dirige projette d’ouvrir dans l’un des quartiers les plus défavorisés de Nouakchott. « Le poste de santé fonctionnera comme un hôpital de jour, avec une activité pédiatrique, la possibilité de consulter des spécialistes, y compris en psychiatrie, de retirer des médicaments. Il dispensera aussi de l’information sur les méthodes contraceptives, de la prévention des maladies sexuellement transmissibles. Au niveau du personnel, des vacations de médecins pourront s’organiser. Des infirmières, des sage-femmes, des auxiliaires en nutrition se tiennent prêtes à y travailler », détaille Coumba Sy.
Matériel médical financé par Vivre à Toujounine
Le bâtiment est propriété du Gafif depuis septembre2011. Sa rénovation, en cours, s’opère en partie grâce au don de 10.000 € d’une fondation d’un groupe pharmaceutique sollicité par Vivre à Toujounine. « Sur ses fonds propres, cette fois, l’association financera l’achat de matériel médical (*) », ajoute PatrickDubeau. La date d’ouverture ? « Fin 2012. Nous l’espérons ». Reste, en effet, à obtenir l’accord administratif du ministère de la Santé mauritanien. La demande se trouve à l’instruction. Coumba Sy croise les doigts. Cette battante a obtenu tellement d’avancées pour la société et plus particulièrement les femmes de son pays jusque-là.
Microcrédit aux femmes
Le Gafif illustre admirablement sa pugnacité : « Je l’ai créé en 1999 pour aider les femmes à vivre de leur activité, en ville comme à la campagne. Son principe est de mutualiser de l’épargne et de la redistribuer sous forme de microcrédit. Ils financent essentiellement du petit commerce, de la vente sur étalage, de la teinturerie... », explique-t-elle. La démarche, novatrice en république islamique de Mauritanie, a reçu l’agrément de la banque centrale du pays. À sa fondation, le Gafif comptait 15 adhérentes. Le groupe de femmes aidées est monté à 100 dès l’année suivante, 500 aujourd’hui. Avec un soutien solide d’épargnants : « Le réseau compte 2.000 membres dans le pays », précise la responsable. Et une association remotivée en Bretagne.
(*) Possibilité de faire des dons à l’association Vivre à Toujounine, Moulin du Forestic, chez Patrick Dubeau, 29800 Plouédern.
Source : Le Télégramme de Brest