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Arabie Saoudite : Le prince Salman désigné héritier du trône
lundi 18 juin 2012
Le prince Salman, ministre saoudien de la Défense, a été désigné héritier du trône moins de 24 heures après les obsèques du prince Nayef, décédé samedi, selon un décret royal cité lundi par la télévision publique.
Agé de 76 ans, il est en outre promu vice-Premier ministre et conservera le portefeuille de la Défense. Son plus jeune frère, le prince Ahmed ben Abdelaziz, a quant à lui été nommé ministre de l’Intérieur, fonction que Nayef exerçait depuis 1975, précise-t-elle.
Il était lui-même vice-ministre de l’Intérieur depuis de nombreuses années. Le roi Abdallah, 89 ans, reste chef du gouvernement. Il disposait d’un mois pour désigner le successeur de Nayef, mais la situation exigeait une décision rapide.
Au cours des 37 ans qu’il a passés à l’Intérieur, Nayef a mis en place des services de sécurité d’une rare efficacité, qui sont notamment venus à bout de la menace intérieure d’Al Qaïda et restent un maillon essentiel de la lutte antiterroriste à l’échelle mondiale, comme de la stabilité d’une monarchie qui ne tolère aucune dissidence.
Si l’Arabie saoudite a été épargnée, le "printemps arabe" a en revanche semé le trouble à ses portes, en particulier au Yémen, et à Bahreïn où les troupes saoudiennes sont intervenues pour rétablir l’ordre.
Plus loin, l’Egypte est toujours en effervescence, près d’un an et demi après la démission d’Hosni Moubarak, et la "révolution du Nil" a ouvert la voie à des Frères musulmans que la monarchie wahhabite voit d’un œil soupçonneux.
Salman, demi-frère du souverain et frère de Nayef, va probablement reprendre à son compte son prudent programme de réformes économiques et sociales.
"Salman va devoir essayer d’accroître son influence auprès des autorités religieuses", souligne Michael Stephens, chercheur au Royal United Services Institute du Qatar.
"Il va devoir prendre position sur les sujets liés à la sécurité régionale et sur les initiatives diplomatiques", ajoute-t-il.
Aucun changement n’est à attendre en matière de politique énergétique de la part du royaume wahhabite, premier exportateur mondial de pétrole.
Ryad restera en outre un allié fidèle de Washington et des autres Etats du monde arabo-musulman majoritairement sunnite.
Reuters