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Algérie : les dirigeants de l’ancien FIS appellent au boycott des élections

dimanche 18 mars 2012


Alors que les partis islamistes reconnus en Algérie espèrent remporter les prochaines élections, les radicaux appellent les électeurs à s’abstenir de voter.

A l’approche des élections législatives du 10 mai en Algérie, les anciens leaders du Front islamique du salut (FIS) appellent au boycott.

Abbassi Madani et Ali Belhadj ont publié, le mardi 13 mars, une déclaration conjointe qualifiant le gouvernement "d’illégitime" et affirmant que les autorités ont derrière elles un lourd passé de falsification des élections.

Cet appel au boycott du FIS intervient après que le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) eut fait connaître son propre rejet de ces élections et malgré les appels personnels lancés par le Président Abdelaziz Bouteflika pour inciter les Algériens à se rendre aux urnes.

Madani, en exil au Qatar, et Belhadj, qui vit en Algérie, ont expliqué que "le changement radical du régime passe par l’abstention lors du prochain scrutin législatif". Les deux dirigeants islamistes ont condamné "les pressions et les menaces proférées par le régime contre les Algériens pour les obliger à aller voter massivement le 10 mai".

Ils ont également critiqué les réformes lancées par le Président Bouteflika et estiment que celles-ci sont dictées par le vent des révoltes arabes, et qu’elles restent "superficielles" et "conjoncturelles".

Pour sa part, le RCD affirme que la situation permet "toutes les manipulations pour gonfler le taux de participation et falsifier les procès-verbaux de consolidation", ajoutant que le gouvernement "a créé un problème politique d’où il aura beaucoup de peine à s’extirper", à savoir l’interdiction faite à des associations de citoyens de communiquer avec des ONG étrangères.

"Ce n’est pas une décision politique que nous aurons à prendre ; c’est une mesure de salubrité publique que nous devons à notre peuple qui a le droit de compter dans ses rangs des femmes et des hommes qui ont sauvé leur dignité et, partant, l’honneur de la nation", a déclaré ce parti laïc. Le député Mohcen Belabbes a récemment pris la direction du RCD en remplacement de son ancien leader Said Sadi.

Pour sa part, le gouvernement incite les électeurs à se rendre en masse aux urnes. Pendant dix jours en février, le Président Bouteflika a prononcé six discours sur le sujet. Il est allé jusqu’à dire que si les gens ne votaient pas en grand nombre, cela ouvrirait la porte à une intervention étrangère.

"Tous les regards sont tournés vers l’Algérie", a déclaré Bouteflika. "La réussite des prochaines élections vous prémunira de l’inconnu mais en cas d’échec, c’est la crédibilité du pays qui sera en jeu."

"Le monde dans lequel nous vivons traverse une conjoncture difficile, d’où la nécessité de nous adapter aux nouvelles données", a-t-il poursuivi.

Le Premier ministre Ahmed Ouyahia est même allé plus loin, en affirmant que l’abstention lors de ces élections législatives "signifierait le retour à la décennie rouge".

Mais les partis islamistes, anciens comme nouveaux, sont convaincus qu’ils remporteront ces élections. D’ailleurs, trois d’entre eux ont décidé de créer une "Alliance de l’Algérie verte" pour accroître leurs chances. Cependant, cette alliance mise tout sur la base électorale qui avait permis à l’ex-FIS, en 1991, de remporter les élections législatives.

Tous affirment représenter cette base et font appel aux leaders de ce parti aujourd’hui dissout pour prendre part à leurs activités officielles.

L’appel lancé par les deux leaders du FIS dissout constitue, selon les observateurs, une véritable douche froide pour les partis islamistes qui comptaient surfer sur la vague du Printemps arabe.

Source : Magharebia