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Algérie : Le FJD menace de révolution
lundi 14 mai 2012
Selon le président du Front de la Justice et du Développement, Abdallah Djaballah le pouvoir a "fermé la porte du changement à travers les urnes et il ne reste à ceux qui croient au changement que le choix tunisien", en référence à la révolution qui a emporté le régime en janvier 2011 de Zine el-Abidine Ben Ali et donné le coup d’envoi du Printemps arabe.
Le Front de la Justice et du Développement (FJD, parti islamiste), Abdallah Djaballah, a rejeté les résultats des élections législatives de jeudi en Algérie.
Le scrutin a porté un coup sévère à la mouvance islamiste et consacré la prééminence de l’ancien parti unique, le Front de libération nationale (FLN) qui s’est adjugé 220 sièges.
Les formations islamistes totalisent 59 députés et avec le même nombre de sièges, reste la 3e force de l’Assemblée.
Mais le président du Conseil consultatif du MSP (ancien partenaire de l’Alliance présidentielle) a néanmoins souligné que sa formation "ne prendra aucune décision qui menacerait la stabilité du pays".
Le FLN et le Rassemblement national démocratique (RND) du premier ministre Ahmed Ouyahia, qui a obtenu 68 sièges, formant l’Alliance présidentielle, détiennent la majorité absolue des 462 sièges que compte la nouvelle Assemblée nationale.
En fait, c’est la majorité des 44 partis d’opposition ayant participé au scrutin législatif, toutes tendances politiques confondues, qui crient à la fraude et au tripotage des résultats au profit deux partis de l’Alliance présidentielle.
La « fraude est flagrante », a affirmé le FNA. Ce parti a régressé de 15 à 9 sièges par rapport au scrutin de 2007.
Le Parti des travailleurs, formation trotskyste, a qualifié les résultats de « provocation énorme contre la majorité du peuple algérien. » Il a obtenu 19 sièges, contre 26 en 2007.
Il a appelé les Algériens à constituer des « comités populaires », pour débattre de la nature du régime à mettre en place dans la perspective de la prochaine révision de la constitution.
Le Parti socialiste des travailleurs s’est déclaré « déçu et scandalisé ».
Il a estimé que les résultats ne sont « pas crédibles » et maintiennent « le statu quo. »
El-Fedjr el-djadid (Aube nouvelle) a souligné que les résultats « ne reflètent pas la réalité de la scène politique ». Ils ont fait rater à l’Algérie « l’occasion d’engager une nouvelle expérience démocratique. »
Pour le Front du changement (islamiste), « l’Algérie a raté l’occasion d’un changement pacifique ».
Les résultats du scrutin sont « politiques ».
Ils consacrent une logique de pouvoir, qui « ne permet pas un jeu politique sain », selon le Parti pour la liberté et la justice (nationaliste).
Les réformes annoncées début 2011 sous la pression de la rue n’ont été qu’un leurre, poursuit le communiqué de cette formation.
« Jusqu’à quelle limite est-il permis de ramer à contre-courant pour maintenir le statu quo », s’est interrogé son président Mohamed Saïd.
Les réactions des partis et d’une frange de la population sont à l’opposé des avis et déclarations sur le déroulement des opérations électorales des différentes missions internationales venues observées le scrutin en Algérie.
Source : BBC