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Agressé à la plage, il meurt par négligence
lundi 13 août 2012
Le jeune Mamadou N’diaye, 23 ans, est mort, Mercredi 1er Août 2012 à la Plage des pêcheurs de Nouakchott, suite à une bagarre au cours de laquelle il aurait reçu un coup de couteau à la cuisse. Alerté, le chef de poste de police aurait différé son intervention, jusqu’à la rupture du jeûne. Si cela était avéré, ce retard pourrait bien faire partie d’un lot de nombreux autres faits préjudiciables au pauvre Mamadou N’diaye qui succomba à ses blessures
Maçon de son état, Mamadou N’diaye, le seul garçon d’une famille de filles vivant avec leur mère, se rendait souvent à la Plage des pêcheurs, quand il n’avait pas de chantier. En aidant les pêcheurs à débarquer leur cargaison ou à accoster leur embarcation, il recevait du poisson qu’il revendait le soir pour subvenir aux besoins de sa famille. Ce jour fatidique du Mercredi, 1er Août dernier, il se serait disputé avec deux jeunes pêcheurs, Abdoulaye et Boubacar. Ces derniers auraient usé de leurs couteaux pour en découdre avec Mamadou qui parviendra à blesser Abdoulaye à la main, mais ne put esquiver le coup fatal que lui asséna le nommé Boubacar à la cuisse. Deux soldats de la marine nationale qui font la ronde dans les parages accoururent et trouvèrent Mamadou gisant dans son sang. Ils alertèrent le chef de poste de police, un certain Mokhtar. L’heure du Ftour s’approchant, ce dernier aurait décidé n’intervenir qu’après avoir coupé. Il vint trop tard. Le jeune Mamadou avait rendu l’âme avant même d’être transporté à l’hôpital. De l’avis de plusieurs témoins, si le jeune avait bénéficié d’une intervention rapide, il aurait pu être sauvé. Le commissaire de Tevragh-Zeine 3 dont relève le chef de poste aurait manifesté sa colère. Le Procureur de la République se rendit sur les lieux pour constater le décès alors que l’équipe de la police scientifique que dirigent le Commissaire-Principal, Mohamed Sidi Ould Hassan envoi rapidement l’Inspecteur Kénémé et son adjoint, l’Adjudant Sow Ousmane. Ces derniers achevaient leurs observations. Le corps fut par la suite enlevé par les éléments de la Protection civile. Arrêtés, les deux suspects, Abdoulaye et Boubacar déclarèrent lors de leur interrogatoire avoir été agressé par Mamadou qui leur avait demandé de l’argent. Selon leur version, il aurait acheté un couteau dans une des boutiques de la plage pour venir les attaquer blessant l’un d’eux. Une version rejetée par la famille du défunt qui considère une telle agressivité contraire à la nature de Mamadou. C’est donc une famille éplorée et en larmes qui assistera au déferrement des deux suspects au parquet de la République puis à leur déposition à la prison de Dar Naïm.
Un couple congolais paye des dommages collatéraux
Un couple originaire de la République du Congo, Mama Thibault et son mari Martin, ont été déferrés au parquet de la République puis libérés sous contrôle judiciaire, parce que de jeunes énergumènes ayant fui la sommation des militaires du BASEP s’étaient engouffrés dans leur restaurant avant de s’enfuir. Tout commence lorsque des jeunes écervelés longent à une heure tardive les environs du Palais présidentiel. Ayant refusé de répondre à l’injonction des militaires en faction, ils poussent ces derniers à tirer en sommation. Effrayés, les jeunes se réfugient dans le restaurant du couple congolais, situé juste derrière la Présidence. Mama Thibault, une femme de taille moyenne à la peau chocolatée et son mari, Martin, la taille élancée, moins gros que sa compagne et de teint clair, tentèrent de les déloger. Les jeunes résistèrent puis s’éclipsèrent. A leur arrivée dans le restaurant, les limiers du commissariat de Tevragh-Zeine 1 avisés par le BASEP ne trouvèrent sur place que le couple. Ils les embarquèrent pour interrogatoire puis les déférèrent devant le Parquet. Ils seront interrogés par l’un des substituts de la République puis le juge du 6ème cabinet qui les libéra sous contrôle judiciaire.
Embrouillamini juridico-judiciaire
Ayant porté plainte, le mardi 31 juillet dernier auprès du commissariat de Sebkha 1, pour agression à la Plage des pêcheurs, Amadou Baïla Diallo, un pêcheur de 25 ans, ira de surprise en surprise. D’abord, et sans qu’il ne sache pourquoi, la plainte fut transférée au commissariat d’El Mina 1. Explication, c’est ce commissariat là qui était en permanence le soir de l’agression présumée. Deuxième surprise, Amadou découvre qu’au lieu que le dossier ait mentionné la plainte qu’il avait déposée pour agression, il y était mentionné qu’il s’agit d’une bagarre entre deux voleurs qui se disputaient le butin. Une allégation que les deux jeunes, le plaignant et l’agresseur supposé ont démenti catégoriquement. C’est pourtant la thèse de la police qui allait prévaloir au parquet de la République où ils ont été tous les deux déferrés avant leur dépôt en prison. Plus tard, ils passèrent devant la Cour criminelle alors qu’il continuait à démentir la thèse de la police. Aucune constitution de preuves pour soutenir cette thèse ne fut menée et les deux jeunes furent condamnés à 4 ans de réclusions !!! Les parents et proches des deux jeunes avaient violemment contesté le verdict de la cour criminelle, estimant qu’elle avait condamné les jeune sur la base d’un P.V de police sans une contre-enquête sérieuse. Pire, les deux jeunes ne purent comparaître devant la Cour d’Appel du Tribunal de Nouakchott, devant lequel leurs proches avaient interjeté, pour la simple raison qu’ils n’étaient plus à Nouakchott, mais transférés à la prison d’Aleg. Les assises se sont ainsi déroulées en leur absence. Les familles croisent les doigts en attendant le prononcé du verdict.
La bonne du Consul de Côte d’Ivoire appréhendée
Finalement, la police a mis la main sur la bonne de S. E.M le Consul de Côte d’Ivoire en Mauritanie, Tidjane Diagana. Après trois jours d’intenses recherches, les enquêteurs du commissariat de Tevragh-Zeine 1 sont parvenus en effet à arrêter Lucie, par l’entremise de son petit ami, Barthélémy Fadonougbe. Il faut dire que la Direction Générale de la Sûreté Nationale avait accordé un grand intérêt pour cette affaire. Arrêté et mis en garde à vue, Barthélémy a été en effet accusé de complicité, ce qu’il a nié, affirmant n’être au courant de rien. Mais l’enquête dans le voisinage prouva que la femme passait la nuit avec lui et le quittait au petit matin pour aller se cacher. Ses relevés téléphoniques prouvèrent également qu’il était en contact permanent avec elle. Il tentera même de tromper les enquêteurs, en soutenant qu’elle est à Rosso. Ce que la suite des évènements allait démentir car elle sera arrêtée à Nouakchott. Les deux amoureux avaient d’ailleurs déjà fixé leur voyage vers le Bénin. Des récépissés de Western Union retrouvés dans leur chambre montrèrent également qu’ils avaient déjà envoyé depuis des mois de l’argent à l’étranger. Ils devraient s’envoler le 5 août pour Cotonou. Mais le plan est à présent à l’eau. Il faut noter que c’est la jeune policière, Hawa Ly Kane, en service à la Brigade d’ Intervention du Commissariat Centrale qui a jouée un rôle important dans cette affaire. C’est elle, grâce à sa technique qui a découvert les traces de la femme et tout ce qu’elle faisait. Le Consul a déclaré n’être pas intéressé par les poursuites judiciaires et que tout ce qu’il souhaite, c’est récupérer son argent.
Abou Cissé.
Source : Journal L’Authentique