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AQMI menace d’exécuter ses otages
mercredi 18 janvier 2012
Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) a menacé la semaine dernière d’exécuter cinq otages européens si la France ou ses alliés tentent une opération militaire pour les sauver.
Ce communiqué d’AQMI, publié le 12 janvier, accuse une coalition comportant la France, l’Algérie et la Mauritanie de "préparer une opération militaire imminente pour libérer les otages détenus par l’organisation".
Ces otages avaient été enlevés lors de deux attaques distinctes en novembre dernier, l’une à Tombouctou, l’autre dans la ville malienne de Hombori, où deux ressortissants français avaient été kidnappés dans leur chambre d’hôtel.
"Nous adressons un avertissement à la France, au Royaume-Uni, aux Pays-Bas et à la Suède : s’ils autorisent cette opération, cela signifiera la mort de leurs ressortissants et une atteinte à leur vie dont ils porteront la responsabilité", poursuit ce communiqué.
Selon le spécialiste du terrorisme Sheikh Tourad Ould Eli, ce communiqué intervient trois semaines après que le Mali et l’Algérie se soient engagés à renforcer leur coopération militaire contre AQMI.
"Il fait suite aussi à des informations de sources militaires et diplomatiques à Bamako évoquant la présence de militaires algériens dans le nord du Mali pour apporter assistance à l’armée malienne dans la lutte contre l’insécurité et le terrorisme", a-t-il ajouté.
Ould Eli a indiqué que le communiqué d’al-Qaida ne précise pas si les otages se trouvent encore au Mali ou s’ils ont été transférés dans "l’un des pays du Sahel confronté à une insécurité croissante liée aux activités de cette organisation et d’autres groupes criminels, ainsi qu’à l’afflux d’armes, dont de l’armement lourd, provenant du conflit libyen".
Mais ce communiqué montre que le réseau est toujours à la recherche d’une "solution pacifique à ce problème des otages", référence apparente à la prédilection du groupe pour le paiement de rançons.
L’organisation affirme également que l’attaque contre ces touristes était une réponse à "l’agression" par la France contre les Etats du Sahel. "Le Mali a été choisi sciemment en raison de l’implication du régime d’Amadou [Toumani] Touré dans une guerre contre les Moujahidines, cédant ainsi aux pressions exercées sur lui", a ajouté le groupe terroriste.
"Le front uni qui se met en place n’est pas du goût d’AQMI", a expliqué Mohamed Ould Cheikh, chercheur universitaire sur le terrorisme.
"En avril 2010, l’Algérie, la Mauritanie, le Niger et le Mali ont créé un Comité d’état-major opérationnel conjoint (CEMOC) basé à Tamanrasset, dans le sud de l’Algérie", a-t-il souligné. "Doublé d’un centre de renseignement à Alger, son objectif est de mieux coordonner les actions des quatre armées dans la lutte antiterroriste et d’arriver à mener des opérations conjointes dans chacun des pays affectés."
Ce chercheur souligne également que "les ministres de la Défense de dix pays d’Afrique du Nord et d’Europe du Sud se réunissent régulièrement pour renforcer leurs actions contre l’insécurité dans cette région" dans le cadre du dialogue 5+5. Ce groupe comprend cinq pays du sud de l’Europe, et les cinq pays du Maghreb.
Source : Magharebia